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Brésil: conflit entre fermiers blancs et Indiens en Amazonie

28/12/2013 11:02 EST | Actualisé 27/02/2014 05:12 EST

Des policiers sont entrés samedi, au lendemain d'une attaque de fermiers blancs contre des Indiens, dans une réserve indienne située à 700 km de Manaus (nord du Brésil), à la recherche de trois Blancs qui y auraient disparu il y a une semaine.

Selon le site d'information G1, la police fédérale a reçu l'autorisation du ministère de la Justice d'entrer dans la réserve indigène de Tenharim, un territoire de 470.000 hectares où vivent 700 Indiens répartis dans huit villages.

Une trentaine de policiers militaires (PM, chargés du maintien de l'ordre) assurent parallèlement la sécurité de la réserve pour empêcher d'autres violences contres les Indiens. La situation est sous contrôle mais reste tendue, selon la presse locale.

Vendredi, près de 300 fermiers et bûcherons ont mis le feu à des huttes indigènes et à un péage qu'ils considèrent comme "illégal". Ce péage a été mis en place par les Indiens de l'ethnie Tenharim sur la route transamazonienne qui traverse leur réserve à la hauteur de Manicore et Humaita (au sud de l'Etat d'Amazonas).

Ces colons accusent les Indiens de l'enlèvement de trois personnes, dont un employé de l'entreprise publique d'électricité Eletrobras, le 16 décembre. Ils auraient été vus pour la dernière fois dans la réserve.

Les colons estiment qu'il s'agit de représailles à la mort du chef indien Ivan Tehnarim, qui se serait tué dans un accident de moto sur la transamazonienne.

Mais selon les Indiens, leur chef aurait été assassiné par des colons hostiles au péage.

Les colons blancs veulent, par leurs actions violentes, faire pression sur les autorités pour qu'elles accélèrent les recherches.

"Nous ne voulons plus de péage sur les terres indigènes parce que lorsqu'on s'y arrête, on est à la merci des Indiens (...) Ils peuvent nous enlever, nous torturer et nous assassiner", a déclaré le président des exploitants forestiers de Matupi, près d'Humaita, Samuel Martins, cité par G1 vendredi.

Les Indiens demandent 6,5 dollars par voiture et 26 par camion.

Des images diffusées par la chaîne Globo montraient les toits de nombreuses huttes en flammes.

Il s'agit de la deuxième vague de violences contre les Tehnarim en une semaine. Mercredi, jour de Noël, quelque 2.000 colons avaient déja incendié deux bâtiments de la Fondation nationale de l'indien (Funai, organe de tutelle des Indiens) et 13 voitures et bateaux servant au transport des indigènes.

Depuis, 143 Tenharim, dont de nombreux enfants et femmes, ont été mis à l'abri dans une caserne militaire à proximité.

Les Tenharim nient avoir enlevé les Blancs.

cdo/mr

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