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Thaïlande: un militant anti-gouvernement est tué et deux autres blessés

27/12/2013 01:48 EST | Actualisé 26/02/2014 05:12 EST

BANGKOK - Un centre médical gouvernemental, en Thaïlande, affirme qu'un militant anti-gouvernement a été tué et que deux autres ont été blessés lors d'une fusillade ayant éclaté en pleine nuit dans la capitale du pays.

L'incident, survenu tôt samedi près du site où ont lieu des manifestations, pourrait faire craindre une épidémie de violences causée par la crise politique qui secoue actuellement le pays.

Le centre médical a précisé qu'un homme de 31 ans est décédé après avoir subi des blessures au torse.

Le général Prayuth Chan-ocha avait pourtant lancé un appel au calme, vendredi, exhortant les adversaires politiques du pays à surmonter leurs différends et n'excluant pas la possibilité d'un coup d'État militaire tant que la crise ne sera pas résolue.

Le puissant chef de l'armée thaïlandaise avait fait ces commentaires un jour après que des manifestants s'opposant à la tenue d'élections en février se furent battus avec des policiers à Bangkok. Cet affrontement, qui compte parmi les plus violents à s'être produits en Thaïlande depuis le début du conflit en novembre, avait fait deux morts et plus de 140 blessés.

Miné par les tensions politiques, le pays de l'Asie du Sud-Est a récemment été le théâtre de nombreuses manifestations organisées par des contestataires souhaitant renverser le gouvernement démocratiquement élu de la première ministre Yingluck Shinawatra.

L'armée a effectué 11 coups d'État dans l'histoire de la Thaïlande, le dernier ayant eu lieu en 2006 contre le frère de Mme Shinawatra, Thaksin. L'opinion du plus haut dirigeant militaire a donc un certain poids.

Interrogé au sujet d'une possible intervention de l'armée, le général Chan-ocha a simplement répondu qu'il ne fermait pas la porte et que cela dépendrait de la situation.

Les protestataires ont souvent demandé aux militaires de s'impliquer dans le conflit. À la fin du mois de novembre, ils ont même forcé l'entrée du quartier général de l'armée afin de livrer une lettre la pressant d'accorder son appui à leur campagne. M. Chan-ocha a répliqué qu'il ne prendrait pas parti.

La Thaïlande est en proie au chaos depuis que l'armée a destitué l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra il y a sept ans. Les manifestants accusent Yingluck d'agir au nom de son frère, qui s'est lui-même exilé afin d'échapper à une peine d'emprisonnement pour corruption mais qui exerce toujours une certaine influence sur le pays.

La tentative maladroite du parti de la première ministre pour faire adopter une loi d'amnistie au Parlement qui aurait permis à Thaksin de revenir en Thaïlande est à l'origine des plus récents troubles.

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