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Retour en Italie de la femme d'un dissident kazakh qui avait été expulsée

27/12/2013 07:00 EST | Actualisé 26/02/2014 05:12 EST

L'épouse d'un dissident kazakh, dont l'expulsion d'Italie en mai dernier a provoqué un tollé et entraîné la démission d'un haut responsable de la police, est revenue vendredi à Rome après avoir été autorisée par le Kazakhstan à quitter le pays.

Alma Chalabaïeva, épouse de l'opposant et oligarque kazakh Moukhtar Abliazov, est arrivée à Rome en fin de matinée avec sa fille Aloua par un vol venant d'Allemagne.

Les policiers italiens avaient fait irruption le 29 mai au domicile de Mme Chalabaïeva près de Rome, à la recherche de son mari.

Ne le trouvant pas, ils avaient emmené son épouse, accusée de détenir un faux passeport, et sa fille de six ans, pour les embarquer sur un vol pour le Kazakhstan, sans qu'elles puissent déposer un recours contre cette expulsion ni demander l'asile politique.

Cette affaire a entraîné à la mi-juillet la démission du chef du cabinet du ministre italien de l'Intérieur.

Au cours d'une conférence de presse improvisée à Rome, Mme Chalabaïeva a remercié la ministre italienne des Affaires étrangères Emma Bonino, la qualifiant de "très courageuse" car elle s'était engagée auprès des autorités kazakhes pour défendre sa liberté.

Au Kazakhstan elle a affirmé être constamment sous contrôle "avec des voitures et des personnes autour de notre maison".

Mme Chalabaïeva est au centre de deux enquêtes en Italie, l'une portant sur les conditions de son expulsion l'autre sur son utilisation de faux documents. Lors de son expulsion, elle avait un passeport de la République centrafricaine.

Evoquant son époux, Mme Chalabaïeva a assuré vouloir lui rendre visite.

M. Abliazov est pour sa part détenu en France, près d'Aix-en-Provence, depuis son arrestation le 31 juillet dans une villa du sud-est du pays.

Ancien ministre de l'Énergie de 1998 à 1999, il a été emprisonné en 2002, après avoir pris la tête du Choix démocratique, parti d'opposition au président Noursoultan Nazarbaïev.

A sa libération, il avait dirigé la banque kazakhe BTA qui a connu un rapide développement avant une nationalisation forcée. M. Abliazov avait fui à Londres en 2009. Il est accusé d'escroquerie à grande échelle, notamment pour l'attribution présumée de prêts illégaux à des sociétés offshore qu'il aurait contrôlées.

Sa famille et ses soutiens évoquent quant à eux un règlement de comptes politique de la part du Kazakhstan.

Trois pays le réclament, à savoir le Kazakhstan, la Russie et l'Ukraine.

En France, l'accusation s'est prononcée en faveur d'une extradition, en priorité vers la Russie, et la décision a été mise en délibéré au 9 janvier.

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