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Le gouvernement sud-soudanais s'engage à proclamer un cessez-le-feu

27/12/2013 08:10 EST | Actualisé 26/02/2014 05:12 EST

Le gouvernement sud-soudanais s'est engagé vendredi à proclamer un cessez-le-feu et à libérer 8 des 11 dirigeants politiques arrêtés pour complot de coup d'État présumé.

« Nous avons donné notre accord de principe à un cessez-le-feu immédiat, mais nos forces sont prêtes à se défendre en cas d'attaque », a écrit le président, Salva Kiir, sur son compte Twitter.

Son rival, Riek Machar, chef de file des rebelles, a affirmé à la BBC que des négociations seraient nécessaires pour en venir à une trêve. 

Dispute sur la ville clé Malakal

Le gouvernement sud-soudanais et les rebelles se disputent le contrôle de la ville clé de Malakal dans le nord du pays capitale de l'État du Haut-Nil, riche en pétrole. 

Les combats entre les forces gouvernementales, fidèles au président Salva Kiir,et les rebelles y font rage depuis lundi.

Pour le ministre sud-soudanais de la Défense, Kuol Manyang Juuk, les rebelles se sont repliés et Malakal est entièrement sous le contrôle des forces gouvernementales, contrairement aux déclarations des rebelles.

Solution à la crise

L'affrontement est causé entre autres par une rivalité entre le président Kiir et son ex-vice-président, limogé en juillet. L'un et l'autre s'accusent de tentative de coup d'État et de purge parmi les opposants. Cette crise revêt aussi une dimension ethnique: les Dinka, tribu de Salva Kiir, contre les Nuer de Riek Machar.

Le conflit a donné lieu à des mouvements militaires faisant basculer les capitales régionales, Bentiu, dans l'État pétrolier d'Unité, et Bor, dans celui du Jonglei, aux mains des rebelles avant d'être reprises par l'armée mardi.

Durant ces combats, des diplomates réunis à Nairobi tentent de trouver une issue à la crise, qui a déjà provoqué le déplacement de plus de 120 000 personnes. La moitié de ces déplacés sont entassés dans des abris de fortune de l'ONU depuis le début des violences, le 15 décembre. Venant essentiellement de la capitale Juba, leur nombre ne cesse d'augmenter ces derniers jours en raison des combats qui ont gagné plusieurs autres régions.

Le Soudan du Sud est indépendant du Soudan depuis juillet 2011 à la suite d'un traité de paix signé en 2005, après des dizaines d'années de guerre.

La facture de l'aide humanitaire augmente

Depuis Juba, la représentante spéciale des Nations unies pour le Soudan du Sud, Hilde Johnson, a fait état de plus de 1000 morts dans des affrontements au cours des 11  jours précédents.

L'ONU a d'ailleurs ordonné le déploiement de 6000 Casques bleus supplémentaires et des moyens aériens afin de protéger les civils.

Il faudrait désormais 166 millions de dollars pour pouvoir leur venir en aide, insiste l'ONU, qui demande aux leaders politiques du Soudan du Sud de poursuivre leurs négociations pour arrêter le bain de sang.

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