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L'ambassadrice du Zimbabwe en Australie demande l'asile (médias)

27/12/2013 12:50 EST | Actualisé 26/02/2014 05:12 EST

L'ambassadrice du Zimbabwe en Australie a demandé l'asile à Canberra à quelques jours de la fin de ses fonctions, affirmant craindre pour sa sécurité dans son pays dont elle dénonce le gouvernement "illégitime", ont rapporté les médias australiens vendredi.

"Après le vol des élections du 31 juillet par notre gouvernement actuel, qui est illégitime, je savais que c'était fini", a expliqué Jacqueline Zwambila dans une vidéo postée sur le site Internet du Canberra Times.

"C'était fini pour le peuple zimbabwéen...et pour les personnes comme moi, qui ont été nommées par l'ex-premier ministre Morgan Tsvangirai", leader du parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), dont Mme Zwambila est une sympathisante.

"Je ne me sens du tout en sécurité à l'idée de retourner au Zimbabwe" a-t-elle ajouté, précisant n'avoir aucune intention d'utiliser le billet d'avion en classe affaires qui lui a été fourni par son pays pour y rentrer mardi, jour de la fin de ses fonctions.

Mme Zwambila, qui a quitté son logement de fonction, a demandé la protection de l'Australie afin d'y rester avec sa famille, une fois son statut diplomatique expiré. La réponse de Canberra reste pour l'instant inconnue.

L'ex-ambassadrice a été démise de ses fonctions après la victoire du président Robert Mugabe à l'élection du 31 juillet face à son opposant M. Tsvangirai, a rapporté le Canberra Times.

Le ministre de l'Immigration Scott Morrison n'a pas confirmé la demande d'asile de Mme Zwambila, déclarant qu'il ne commentait pas les cas privés.

"Le gouvernement n'a pas de commentaire à faire sur les cas individuels qui pourrait porter préjudice à la demande ou pire, mettre les gens en danger", a déclaré le ministre à la presse.

M. Tsvangirai avait été été nommé Premier ministre au sein d'un gouvernement d'union nationale afin de sortir le pays de l'impasse politique après les élections de 2008.

L'accord de partage de pouvoir entre MM. Mugabe et Tsvangirai a pris fin après la victoire de M. Mugabe à l'élection de juillet dernier avec 61% des voix, contre 34% pour Tsvangirai.

Celui-ci a qualifié le vote de "fraude", citant le nombre inhabituel d'électeurs qui avaient été privés d'exercer leur droit de voter dans des circonscriptions urbaines considérées comme des bastions de l'opposition.

Tout comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, l'Australie avait remis en question la transparence de ce vote et appelé à la tenue d'un nouveau scrutin. L'Australie avait auparavant allégé ses sanctions envers le Zimbabwe afin d'encourager des élections libres.

Mais M. Mugabe avait rejeté ces accusations, et ordonné sans ménagement à ses opposants d'accepter leur défaite. Au pouvoir depuis 33 ans, le dirigeant de 89 ans a entamé un nouveau mandat de cinq ans à la tête du Zimbabwe, doté depuis cette année d'une nouvelle Constitution. Il n'a pas exclu de se présenter aux prochaines élections, en 2018. Il aura alors 94 ans.

Pour Mme Zwambila, la victoire de M. Mugabe annonçait "le malheur, un nuage noir". "Je savais que ça signifiait la fin de mes fonctions", dit-elle dans le Canberra Times.

Elle précise avoir été menacée d'arrestation par un tribunal zimbabwéen pour une dette de plusieurs centaines de dollars envers un commerçant. Elle rejette ces accusations et craint un emprisonnement à durée indéterminée si elle rentrait au Zimbabwe.

"On m'a fait tellement de mal depuis que je suis ici en Australie, les campagnes de diffamation, les menaces...".

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