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Une nouvelle phase de l'enquête sur la corruption bloquée, selon le procureur turc

26/12/2013 09:46 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

Un procureur turc a affirmé jeudi qu'une nouvelle phase de l'enquête sur la corruption à grande échelle qui ébranle le gouvernement avait été bloquée, dénonçant des pressions sur le système judiciaire.

"Tous mes collègues ainsi que le public devraient savoir que, en tant que procureur, j'ai été empêché de lancer une enquête", a déclaré Muammer Akkas dans un communiqué, en pointant du doigt le rôle de la police.

Selon des informations parues mercredi dans plusieurs médias turcs, ce procureur a ordonné l'interpellation d'une trentaine de personnes supplémentaires, dont des députés et des hommes d'affaires, dans le cadre de l'enquête à tiroirs pour corruption qui éclabousse le pouvoir islamo-conservateur.

"Malgré une réunion avec les responsables de la police d'Istanbul qui auraient été en charge de cette opération, j'ai découvert que la décision du tribunal et les mandats d'arrêts n'avaient pas été exécutés", a-t-il déploré.

Lancée la semaine dernière, cette vaste enquête anti-corruption a provoqué la démission de trois ministres dont les fils ont été inculpés et contraint mercredi soir le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan à conduire en urgence un vaste remaniement ministériel.

Cette enquête se déroule sur fond de guerre ouverte entre le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2002, et la confrérie du prédicateur musulman Fetullah Gülen qui fut longtemps son alliée.

M. Erdogan a accusé, sans la nommer, l'organisation de M. Gülen, très influente dans la police et la justice turques, de constituer un "État dans l'État" à l'origine d'un "complot" contre son gouvernement.

Le chef du gouvernement a ordonné depuis le début une purge sans précédent dans la hiérarchie de la police, qui a vu plusieurs dizaines de ses plus hauts gradés démis de leurs fonctions et remplacés.

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