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Six Casques bleus tchadiens ont été tués en Centrafrique

26/12/2013 09:07 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

BANGUI, République centrafricaine - Six soldats du contingent tchadien de maintien de la paix ont été tués dans une embuscade en République centrafricaine, a indiqué le porte-parole de la force de maintien de la paix de l'Union africaine.

Eloi Yao a affirmé jeudi à l'Associated Press que les soldats ont été attaqués mercredi midi. On ignore toujours l'identité exacte de leurs assaillants, a-t-il précisé. Leur véhicule détruit, avec au moins un corps à l'intérieur, n'avait pas été retiré du chemin un jour plus tard, illustrant le chaos dangereux qui règne, même pour les forces internationales en mission de paix, a souligné M. Yao.

La République centrafricaine a versé dans le chaos, alors que la majorité chrétienne du pays cherche à se venger des rebelles musulmans qui ont pris le pouvoir par coup d'État il y a neuf mois. Tant des civils chrétiens que musulmans sont désormais armés, et les troupes internationales dépêchées pour tenter de contenir la violence ont été submergées dans le conflit, accusées de parti pris pour un clan ou l'autre.

Les Tchadiens, membres du contingent de l'Union africaine, sont musulmans et perçus par la population comme des alliés des rebelles Seleka ayant renversé le président chrétien en mars. Plus tôt cette semaine, lorsque des chrétiens ont pris d'assaut la capitale, un journaliste de l'Associated Press a vu une unité de Casques bleus tchadiens s'avancer en véhicule dans la foule. Quelques moments plus tard, des tirs ont été entendus, laissant croire qu'ils avaient ouvert le feu sur des manifestants.

D'un autre côté, les 1600 soldats français, ayant été déployés dans la première semaine de décembre, sont accusés de soutenir la majorité chrétienne. Leurs patrouilles ont essuyé des tirs dans des quartiers musulmans.

Alors que l'Union africaine peinait à protéger la scène de crime des soldats tchadiens, jeudi, elle en a découvert une autre. Près du palais présidentiel, des Casques bleus ont trouvé un charnier rempli d'environ 20 corps en décomposition.

«Il y avait 20 corps dispersés dans différentes fosses dans un secteur restreint. Vous trouviez cinq corps dans un trou, trois dans un autre, deux encore dans un autre, et ainsi de suite. Les corps étaient revêtus de vêtements de civils, mais nous ne pouvons pas déterminer s'il s'agissait vraiment de civils ou s'ils étaient des miliciens», a expliqué M. Yao.

La barbarie dans les rues de la capitale en a surpris plusieurs. Bien qu'accablé par la pauvreté, la République centrafricaine était relativement stable pendant les dix années ayant suivi le précédent coup d'État en 2003.

La récente prise de contrôle militaire a porté au pouvoir le leader chrétien François Bozize. Bien qu'il ait été accusé de favoriser des membres de son groupe ethnique, le pays n'avait pas vécu des violences d'une telle ampleur dans les premiers temps.

Des civils — tant chrétiens que musulmans — sont piégés au centre des récents affrontements. Des miliciens ont été vus profanant les corps de leurs victimes.

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