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Santé mentale: un orchestre de musique classique contre l'ostracisation

26/12/2013 01:19 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

SOUTH BURLINGTON, États-Unis - La carrière de Ronald Braunstein en tant que chef d'orchestre a connu de bons débuts. Il a fréquenté la Juilliard School, été chef invité dans de grands orchestres comme celui de San Francisco et le Philarmonique de Berlin, en plus de remporter la prestigieuse compétition Herbert von Karajan en 1979.

Un trouble de personnalité bipolaire a ralenti ce qui aurait pu être une fantastique carrière, y compris lors de trois périodes où, dit-il, il avait de la difficulté à simplement sortir du lit.

Il a rencontré son épouse, une joueuse de cor d'harmonie, Caroline Whiddon, lorsqu'elle travaillait comme gestionnaire du Vermont Youth Orchestra, et où M. Braunstein avait été embauché comme directeur musical.

Le trouble bipolaire de M. Braunstein fut l'un des facteur de son congédiement de l'orchestre en 2011, affirme le couple, qui a répondu en créant le Me2/orchestra — Me2, ou «moi aussi», pour symboliser les problèmes communs de ses musiciens.

L'orchestre est présenté comme «la seule organisation de musique classique de la planète pour les gens souffrant de problèmes de santé mentale et les gens qui les aident».

M. Braunstein et Mme Whiddon espèrent qu'un concert donné dans le cadre de First Night Burlington, un festival artistique annuel du 31 décembre donné dans la plus grande ville du Vermont, attirera l'attention sur la formation ayant soufflé ses deux bougies.

Un aspect de la mission du festival First Night est de rendre les arts accessibles et ouverts à la participation pour une bonne partie de la communauté, affirme le directeur exécutif Ton Ayers. Lorsque le Me2/orchestra a présenté sa candidature, il s'agissait donc d'une suggestion tout à fait appropriée.

Cette visibilité correspond exactement à ce que le couple de musiciens tentent d'obtenir pour faire en sorte que le public sont moins craintif et plus informé par rapport aux troubles de santé mentale.

Ils disent d'ailleurs s'inspirer du mouvement de chorale pour les gays, qui rassemble plusieurs groupes à travers les États-Unis. Ce que ces groupes ont accompli pour les hommes homosexuels, ils veulent le réussir pour les gens aux prises avec la maladie mentale.

«Il s'agit de se débarrasser des stigmates», dit Mme Whiddon, avant d'ajouter qu'«[les chorales gaies] ont inspiré les gens de partout au pays pour se rassembler et se soutenir mutuellement».

M. Braunstein, âgé de 58 ans, dit considérer sa propre maladie comme une partie essentielle de son talent.

«Je me sens plus en mesure de saisir l'aspect grandiose, l'excitation, la profondeur, davantage qu'une personne qui n'est pas bipolaire. Je capte vraiment les envolées et les plongées, qui sont très éloignées les unes des autres.»

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