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RDC: au moins 40 civils tués par l'attaque d'un village dans l'est

26/12/2013 09:35 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

Au moins 40 civils ont été tués et une dizaine de personnes grièvement blessées mercredi dans l'attaque attribuée à des rebelles ougandais de la localité de Kamango, dans l'est de la République démocratique du Congo, que l'armée a reprise avec l'aide des Casques bleus.

"Jusqu'à ce matin, on a pu retrouver plus de 40 corps - tous des civils - dans des latrines. Des équipes de la Croix-Rouge et de la police sont en train de fouiller pour voir s'ils trouvent d'autres victimes", a déclaré jeudi à l'AFP Teddy Kataliko, président de la société civile du territoire de Beni, où se trouve Kamango.

"Plus de dix maisons (ont été) brûlées", a ajouté ce responsable de la société civile, une entité qui défend les civils contre les exactions des militaires et milices, et qui regroupe des dirigeants d'associations, d'ONG et de syndicats.

"Les services de sécurité donnent un bilan de 12 personnes tuées et 6 enlevées par les rebelles ougandais. Elles précisent que ce bilan peut encore s'alourdir", indique pour sa part sur son site Internet Radio Okapi, parrainée par l'ONU.

Mercredi à l'aube, des hommes armés ont profité des faibles effectifs de l'armée à Kamango pour s'emparer de cette localité, située à près de 500 km au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. Dans l'après-midi des hélicoptères sud-africains de la brigade d'intervention de l'ONU ont pilonné les assaillants, et en fin de journée l'armée congolaise a repris la ville.

L'armée et la Monusco ont indiqué que les assaillants étaient des rebelles ougandais des Forces alliées démocratiques-Armée nationale pour la libération de l'Ouganda (ADF-Nalu). La société civile du Nord-Kivu a ajouté qu'ils étaient soutenus par des "centaines" de militaires ougandais arrivés mardi soir à 13 km de Kamango, à bord de "4 véhicules de l'UPDF", l'armée ougandaise.

Kamango est située à quelques km de la frontière ougandaise.

L'ADF-Nalu sévit dans le nord du Nord-Kivu, à la frontière avec l'Ouganda. Aujourd'hui uniquement composée d'islamistes, elle est dirigée depuis 2007 par Jamil Mukulu. Les États-Unis l'ont placée sur leur liste d'organisations terroristes dès 2001 et Jamil Mukulu est visé par des sanctions de l'ONU depuis 2011.

Mercredi soir, dix camions de soldats des commandos de l'armée congolaise ont quitté Goma pour le territoire de Beni, dont le chef-lieu, du même nom, se situe à environ 90 km de Kamango, a constaté un journaliste de l'AFP.

De son côté, la Monusco "condamne fermement" les attaques des ADF-Nalu, "réaffirme qu'elle va utiliser tous ses moyens aériens et terrestres pour protéger les civils" et annonce qu'elle "va renforcer sa présence dans la zone pour prévenir la progression des combattants des ADF-Nalu à d'autres agglomérations", écrit-elle dans une déclaration publiée jeudi.

"La mission est déterminée à remplir son mandat de traquer et de neutraliser tous les combattants de groupes armés qui sèment la peur et la désolation parmi les civils innocents", insiste-t-elle.

Fin octobre, le président Joseph Kabila avait lancé un ultimatum aux groupes armés dans l'est, les enjoignant de déposer les armes. Depuis la fin de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) - qui a capitulé le 5 novembre après un an et demi de lutte - plusieurs milliers de combattants se sont rendus.

D'après M. Kataliko, l'attaque de mercredi a fait fuir en masse les habitants de la région. Certains se sont réfugiés dans une école primaire de Nobili, à 9 km de Kamango, l'Ouganda voisin ayant fermé sa frontière. Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, avait pour sa part indiqué que, côté ougandais, on avait "refusé" l'entrée aux habitants apeurés.

Le 16 décembre, la Monusco avait dénoncé le massacre d'au moins 21 personnes avec une "extrême brutalité" dans deux villages du territoire de Beni. La société civile avait attribué ce "carnage" aux ADF-Nalu et demandé une action urgente de l'armée et de la Monusco.

En juillet, dans la région de Kamango, des combats avaient opposé l'ADF-Nalu à l'armée congolaise. Des dizaines de milliers de personnes s'étaient alors réfugiées en Ouganda.

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