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Mort de Yasser Arafat: une enquête russe écarte la thèse de l'empoisonnement

26/12/2013 09:29 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

MOSCOU - Yasser Arafat n'est pas mort des suites d'une irradiation, selon des spécialistes russes. Ces derniers n'ont pas trouvé de trace d'empoisonnement au polonium 210 dans le cadre de leur enquête sur les circonstances du décès de l'ancien leader palestinien.

L'organisation gouvernementale qui a réalisé les expertises, l'Agence fédérale d'analyses biologiques, en vient à la conclusion que Yasser Arafat est donc mort de façon naturelle.

L'agence n'a pas l'intention de réaliser d'autres tests, a confirmé son directeur, Vladimir Ouïba.

«Il s'agit d'une mort naturelle; il n'y a eu aucun impact d'irradiation», a déclaré M. Ouïba selon des agences de presse russes.

Des équipes de scientifiques de la France, de la Suisse et de la Russie avaient été chargées de déterminer si le polonium 210, un isotope radioactif mortel, aurait pu jouer un rôle dans la mort de Yasser Arafat.

Des spécialistes français ont découvert des traces de polonium, mais ont précisé que celles-ci étaient d'origine environnementale naturelle, selon la veuve de l'ex-leader, Suha Arafat.

Les experts suisses ont cependant affirmé qu'ils avaient décelé des traces anormalement élevées de polonium 210 et de plomb et ont suggéré que la chronologie de la maladie et de la mort de Yasser Arafat correspondait à un empoisonnement au polonium.

On ignore toujours, pour l'instant, comment les trois enquêtes ont pu mener à des conclusions différentes.

Yasser Arafat est mort dans un hôpital français en 2004, mais la cause exacte de son décès n'a jamais été élucidée. Un mois avant son décès, il était tombé malade dans son quartier général assiégé par les forces israéliennes, en Cisjordanie.

Les Palestiniens soupçonnent depuis longtemps les Israéliens d'avoir empoisonné leur ancien leader, ce que ces derniers nient.

Le docteur Abdullah Bashir, qui est à la tête du comité médical palestinien en charge de l'enquête sur la mort de Yasser Arafat, a affirmé que son équipe se pencherait sur les résultats des enquêtes russe et suisse.

«Lorsque nous aurons terminé, nous annoncerons les résultats», a-t-il dit lors d'une entrevue téléphonique accordée depuis Amman, en Jordanie. Il n'a pas précisé à quel moment les résultats seraient disponibles.

L'un des cas les plus célèbres et récents d'empoisonnement au polonium 210 est celui de l'ancien agent du KGB Alexandre Litvinenko, mort à Londres en 2006 après avoir bu un thé contenant l'isotope radioactif.

La Grande-Bretagne a accusé deux Russes de l'assassinat, mais Moscou a refusé d'extrader les deux suspects.

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