NOUVELLES

Frères musulmans: le gouvernement égyptien intensifie sa répression

26/12/2013 10:20 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Les forces de sécurité de l'Égypte ont procédé à une série d'arrestations de membres des Frères musulmans, jeudi, prévenant que le fait d'occuper un poste de dirigeant au sein de la formation pourrait désormais être passible de la peine de mort.

Le gouvernement intérimaire égyptien y est allé de cet avertissement après avoir placé les Frères musulmans sur sa liste de groupes terroristes, mercredi, l'accusant d'être derrière les violences qui secouent le pays depuis des mois.

L'annonce survient aussi quelques heures après qu'un bombe eut explosé près d'une intersection achalandée du Caire, jeudi, frappant un autobus et blessant cinq personnes.

Même s'il s'agissait d'un attentat relativement mineur, celui-ci fait craindre que les civils — et non plus seulement les militaires et les forces de sécurité — pourraient désormais se retrouver dans la mire des militants islamistes.

L'annonce de mercredi témoigne d'une inquiétante escalade de la tension entre le gouvernement et la confrérie religieuse, qui organise des manifestations presque tous les jours depuis le coup d'État militaire qui a renversé le président Mohammed Morsi le 4 juillet dernier. Le président déchu était issu de la formation politique des Frères musulmans.

Depuis le départ forcé du président Morsi, les militants musulmans ont multiplié les attaques.

Les attentats-suicides, embuscades et autres types d'attaques visaient principalement les forces de sécurité et les troupes dans la péninsule du Sinaï, mais dernièrement, les attaques se sont propagées jusqu'à la capitale égyptienne, Le Caire.

L'attentat à la bombe de jeudi était la seconde attaque à cibler particulièrement des civils. Une attaque avait été perpétrée dans le même secteur la semaine dernière.

L'attaque le plus meurtrière est toutefois survenue mardi, alors qu'un automobiliste prenant place à bord d'un véhicule bourré d'explosifs a frappé dans un poste de police du delta du Nil. L'attentat a fait 16 morts et plus de 100 blessés.

La situation semble s'envenimer en Égypte à l'aube d'un important référendum sur une révision de la constitution, qui doit se tenir les 14 et 15 janvier. Il s'agit d'un jalon important de la période post-Morsi.

Tandis que le gouvernement par intérim mise sur un appui massif de la population, les Frères musulmans ont menacé d'en bloquer l'adoption en organisant des manifestations.

Le chef militaire Abdel-Fattah el-Sissi, ce général qui a chassé Mohammed Morsi du pouvoir et qui représente désormais la personnalité la plus puissante au pays, a déclaré jeudi devant des diplômés militaires que l'Égypte continuerait à contrer le terrorisme.

«Ne laissez aucun des incidents qui se produisent maintenant affecter la volonté des Égyptiens. Jamais», a-t-il lancé.

«Ceux qui vous feront du mal disparaîtront de la surface de la Terre», a tonné le général.

Au cours des derniers mois, les autorités ont invoqué divers éléments du code criminel pour justifier les arrestations des sympathisants de Mohammed Morsi, de l'incitation à la violence à des infractions au code de la route.

Mais l'annonce de mercredi signifie que les dizaines de milliers de membres des Frères musulmans peuvent désormais être arrêtés simplement en raison de leur affiliation politique.

PLUS:pc