NOUVELLES

France/chômage: le pari de Hollande à l'épreuve des chiffres

26/12/2013 04:28 EST | Actualisé 24/02/2014 05:12 EST

François Hollande s'était engagé à faire refluer le chômage en France à la fin de l'année. Les chiffres de novembre publiés ce jeudi, après un léger mieux en octobre, diront si le président français socialiste, dont la popularité reste au plus bas, peut espérer réussir son pari.

Avec un taux de chômage de plus de 10% et l'explosion du travail à temps partiel faute de possibilités de trouver un emploi à temps plein, le panorama social de la France reste sombre. Mais les chiffres d'octobre -- 3,27 millions demandeurs d'emploi sans activité, en baisse de 20.500 -- ont fait dire à François Hollande que "l'inversion de la courbe du chômage est désormais amorcée".

La hausse du chômage avait en effet été quasi ininterrompue depuis avril 2011, lorsque le président de droite Nicolas Sarkozy était encore au pouvoir.

"Nous devons inverser la courbe du chômage d'ici un an", avait lancé son successeur en septembre 2012. "Nous devons y parvenir coûte que coûte", "d'ici un an", avait-il renchéri lors des voeux aux Français du 31 décembre, repoussant de fait l'échéance à fin 2013.

En martelant cet engagement depuis plus d'un an, François Hollande a suscité une forte attente. Lundi, il a souligné que cet effort devait s'inscrire dans la durée. "Deux exigences nous attendent" en 2014, a-t-il déclaré, "celle de faire reculer durablement le chômage" et "celle de renouer durablement avec la croissance".

Mais alors que sa cote de popularité, toujours très mauvaises, connaît un léger mieux, de bons chiffres à la fin de l'année (les chiffres pour novembre étaient attendus jeudi à 17H00 GMT) contribueraient à éclaircir l'horizon pour la gauche au pouvoir à l'approche d'élections municipales en mars 2014.

Le gouvernement peut déjà se féliciter de la baisse continue du chômage chez les jeunes depuis six mois, grâce aux dispositifs spéciaux qu'il a mis en place pour inciter les entreprises à embaucher (contrats aidés, emplois d'avenir).

Croissance en panne

En revanche, la situation s'est aggravée pour les plus de 50 ans et les chômeurs de longue durée. Et le nombre de demandeurs d'emploi en activité réduite est en forte hausse (39.6000 de plus en octobre), ce qui porte le nombre total de demandeurs d'emploi à 4,88 millions.

"Avec les emplois aidés qui vont être très concentrés sur la fin de l'année", il est "possible pendant quelques mois de stabiliser le chômage ou d'avoir une très légère baisse", souligne Marion Cochard, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Mais vu la faiblesse de la croissance, "pour avoir une vraie tendance à la baisse durable du chômage, il faudrait plus d'emplois aidés et surtout, il faudrait continuer à ce rythme tout au long de 2014, ce qui n'est pas prévu", note-t-elle.

La croissance a été en dents de scie en 2013 pour se situer autour de 0,2% à la fin de l'année, mais une véritable reprise n'interviendra que lorsque les entreprises auront recommencé à investir, soulignent les experts. Or les marges des entreprises françaises sont tombées à leur plus bas niveau depuis 1985, à 27,7%, le plus mauvais taux de la zone euro, notait jeudi le quotidien économique Les Echos.

Confiant mais prudent, le ministre du Travail Michel Sapin a prédit que "le nombre des chômeurs continuera à diminuer dans les mois qui viennent" même s'il y a des mois "où ça repartira un peu à la hausse". Les chiffres de jeudi ne sont "pas les derniers" de l'année, ceux de décembre étant attendus fin janvier, a aussi fait valoir le ministre.

Dans ses dernières prévisions, l'Institut de la statistique (Insee) ne partage pas l'optimisme officiel. Il prévoit que le taux de chômage, après une stabilisation, devrait repartir légèrement à la hausse mi-2014.

Les organisations internationales (OCDE, FMI, Commission européenne) ne croient pas non plus à un recul prochain du chômage en France. Elles pensent même que la hausse va se poursuivre en 2014.

bur-shu/nou/prh/fw

PLUS:hp