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Des experts de l'ONU condamnent les attaques de drones au Yémen

26/12/2013 11:27 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

Des experts en droits de l'Homme de l'ONU ont condamné jeudi les récentes attaques de drones au Yémen ayant causé la mort de plusieurs civils.

Dans un communiqué, ces experts font part "de leur grave préoccupation au sujet des récents raids meurtriers de drones, qui auraient été menés par les forces américaines" au Yémen et "entraîné des pertes civiles".

Selon la Haute commission de la sécurité du Yémen, un raid aérien a tué 17 personnes le 12 décembre, principalement des civils, près de Rada dans la province de Baïda (centre). Selon la Commission de sécurité, dirigée par le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, la frappe controversée visait "une voiture appartenant à un des dirigeants d'Al-Qaïda".

Selon des témoins et des sources au sein des services de sécurité, les deux missiles tirés par un drone ont touché un cortège nuptial, tuant principalement des civils.

"Une frappe mortelle sur des cibles illégitimes constitue un traitement cruel, inhumain ou dégradant si, comme dans ce cas, elle provoque des troubles physiques ou mentaux graves et des souffrances à des victimes innocentes", a déclaré le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Juan Mendez.

Pour sa part, le Rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christof Heyns, a souligné que les Etats qui utilisent des drones armés "doivent respecter le droit international" et doivent, en ce sens, indiquer "la base juridique" de leur action ainsi que les "critères de ciblage".

Il a également sommé "les deux Etats impliqués, les Etats-Unis et le Yémen, d'indiquer s'ils étaient responsables, et si tel était le cas, de dire quelles normes de ciblage avaient été utilisées, combien de civils avaient été tués, et s'ils ont l'intention d'offrir une indemnisation aux familles des victimes".

Les Etats-Unis sont le seul pays à disposer de drones dans la région. Ces appareils ont été utilisés de façon particulièrement intense cette année pour soutenir la lutte des autorités de Sanaa contre Al-Qaïda, tuant des dizaines d'insurgés.

Suite à l'attaque du 12 décembre, le Parlement yéménite, dominé par les partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh et les islamistes du parti al-Islah, a voté le 15 décembre l'interdiction des attaques de drone.

apo/via

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