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Centrafrique: une quarantaine de corps retrouvés à Bangui depuis mercredi (CICR)

26/12/2013 02:17 EST | Actualisé 25/02/2014 05:12 EST

Une quarantaine de corps ont été retrouvés depuis mercredi à Bangui par la Croix-Rouge centrafricaine, a indiqué jeudi à l'AFP un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

"Une quarantaine de corps ont pour l'instant été ramassés et des premiers soins ont été apportés à une trentaine de blessés", a déclaré le porte-parole David Pierre Marquet. Bangui a connu mercredi une nouvelle journée d'affrontements violents.

Par ailleurs, "une soixantaine" de corps ont également été retrouvés le 23 décembre dans la capitale centrafricaine, a-t-il précisé.

La Croix-Rouge centrafricaine recueille les corps et les transporte à la morgue de l'hôpital communautaire de la capitale centrafricaine.

M. Marquet a également indiqué que le CICR ne disposait pas encore d'un bilan complet des morts recensés depuis le début des violences le 5 décembre.

"On en saura plus demain (vendredi) car il y a un couvre-feu maintenant et personne ne sort, pas même les secours", a expliqué le porte-parole.

"Il y a deux quartiers sensibles: Boy-Rabe et St-Jean de Galabadja", a-t-il dit.

Toute la journée de mercredi et dans la soirée, des tirs d'origine indéterminée ont semé la panique dans les quartiers nord de la capitale centrafricaine puis près de l'aéroport, sécurisé par les Français et où stationnent les hommes de l'opération Sangaris et les contingents de la force africaine (Misca).

L'origine de ces violences restait largement inexpliquée jeudi, des habitants parlant d'une attaque de miliciens "anti-balaka" (milices chrétiennes d'auto-défense) sur des éléments du contingent tchadien, qui ont perdu cinq hommes. L'armée française n'a donné aucune explication.

Ces violences ont provoqué d'importants déplacements de population dans tout le pays, selon l'ONU. Depuis que des violences interconfessionnelles ont éclaté en Centrafrique, près de 710.000 déplacés ont été comptabilisés sur tout le territoire, dont 214.000 à Bangui (sur environ 800.000 habitants) et 40.000 à Bossangoa, selon les chiffres du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) publiés mardi.

Mais d'après un porte-parole du HCR à Genève, Adrian Edwards, ces chiffres sont désormais en-dessous de la réalité et ils "sont en train de monter encore".

"Il y a définitivement une détérioration de la situation en ce moment. Il y a certainement plus de déplacés" désormais, a déclaré à l'AFP M. Edwards.

"Un problème majeur est l'hygiène, avec les diarrhées. Un énorme travail est fait au niveau de l'hygiène, y compris la construction de latrines pour les déplacés", a souligné pour sa part M. Marquet.

apo/via

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