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Arabie: un militant risque la peine de mort pour apostasie

26/12/2013 04:48 EST | Actualisé 24/02/2014 05:12 EST

Le militant saoudien Raef Badaoui, condamné en juillet à sept ans de prison pour blasphème après avoir critiqué la police religieuse, pourrait être poursuivi pour apostasie, passible de la peine de mort, ont annoncé jeudi des militants saoudiens.

Un juge du tribunal a renvoyé mercredi Raef Badaoui devant une juridiction supérieure, sous l'accusation d'apostasie, a déclaré à l'AFP l'avocat Walid Aboualkhair.

M. Badaoui, co-fondateur du Réseau libéral saoudien, avait été condamné en juillet à sept ans de prison et à 600 coups de fouet pour avoir critiqué la police religieuse et appelé à une "libéralisation religieuse".

Après un recours, l'affaire a été renvoyée devant le tribunal, dont le nouveau président s'est déclaré incompétent et a renvoyé l'accusé devant une juridiction supérieure pour apostasie, a expliqué Me Aboualkhair.

Selon des défenseurs des droits de l'Homme en Arabie saoudite, il s'agit cependant d'une simple "recommandation" de la part du juge.

Mais l'épouse de M. Badaoui, Ensaf Haidar, citée par le journal saoudien en ligne Sabq, a affirmé: "Le nouveau juge du tribunal a demandé le renvoi de l'affaire devant la Cour générale et a réclamé la peine capitale".

L'accusation d'apostasie avait été invoquée une première fois en décembre 2012 contre M. Badaoui, mais le tribunal ne l'avait pas retenue dans son premier jugement en juillet, selon des militants.

Agé de 35 ans, Raef Badaoui a été arrêté en juin 2012 à Jeddah, peu après la proclamation par son Réseau libéral saoudien "Journée du libéralisme" le 7 mai en Arabie saoudite pour lutter contre l'emprise des religieux sur la vie publique.

La charia, la loi islamique appliquée de manière stricte en Arabie saoudite, prévoit la peine de mort pour apostasie, mais permet en général aux accusés de faire repentance et d'échapper à la décapitation.

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