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Ukraine: deux militants pro-européens dont une journaliste d'opposition agressés

25/12/2013 06:37 EST | Actualisé 24/02/2014 05:12 EST

Deux militants pro-européens ukrainiens, dont une journaliste d'opposition connue ont été agressées, ont annoncé mercredi les autorités.

Tetiana Tchornovil, qui écrit pour la publication en ligne Ukraïnska Pravda des articles très critiques sur le président Viktor Ianoukovitch et ses proches alliés, a le nez cassé, souffre de commotion cérébrale et de multiples traumatismes, selon le site d'informations qui a publié des photos de la journaliste après l'agression (http://www.pravda.com.ua/news/2013/12/25/7008295/).

Elle conduisait quand deux hommes l'ont forcée à s'arrêter près de Boryspil dans la banlieue de Kiev et l'ont battue.

"J'ai tenté de m'enfuir, ils m'ont rattrapée et ont commencé à me frapper sur la tête. Ils ne disaient rien, ils frappaient", a-t-elle dit, selon une vidéo disponible sur le site.

Selon ses collègues, Tetiana avait passé la journée de mardi à prendre en photo les maisons du ministre de l'Intérieur Vitali Zakhartchenko et du procureur général Viktor Pchonka, deux bêtes noires de l'opposition pro-européenne qui manifestent depuis plus d'un mois dans le centre de Kiev contre le régime.

Le ministre de l'Intérieur est accusé d'être responsable de la répression contre une manifestation étudiante le 30 novembre qui a fait des dizaines de blessés, et le procureur de "couvrir les crimes" des policiers.

La journaliste a affirmé avoir été suivie lors de sa mission par des membres des forces anti-émeutes.

Le ministère de l'Intérieur a ouvert une enquête suite à l'agression et a indiqué mercredi que la principale hypothèse retenue était une "provocation" pour discréditer les autorités.

"La militante a à plusieurs reprises passé la nuit dans la Maison des Syndicats (bâtiment occupé par les militants pro-européens dans le centre de Kiev, ndlr) et était toujours accompagnée. La nuit de l'agression elle était seule et les agresseurs en ont profité", a indiqué le ministère dans un communiqué.

L'agression contre la jeune femme, qui a été également en première ligne de la contestation pro-européenne, a provoqué un tollé.

"Soit la police couvre ce crime, soit elle en est complice", a indiqué le parti Batkivchtchina de l'opposante Ioulia Timochenko.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté mercredi devant le ministère de l'Intérieur en brandissant des portraits de la journaliste agressée.

"La police et les bandits anéantissent ceux qui sont contre eux. Ainsi ont fait les régimes dictatoriaux en Afrique et en Amérique latine", a écrit sur son compte Twitter le député d'opposition et ex-journaliste Andriï Chevtchenko.

Le président Viktor Ianoukovitch a "condamné les violences" contre la journaliste et chargé le ministre de l'Intérieur et le procureur général d'enquêter sur cette affaire.

Par ailleurs, un autre militant pro-européen, Dmytro Pilipets, a été poignardé mardi soir à Kharkiv (est) par deux inconnus, selon les médias et la police. Il a été légèrement blessé aux hanches et aux poignets.

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