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RDC : la brigade d'intervention de l'ONU pilonne des positions de présumés rebelles ougandais

25/12/2013 01:55 EST | Actualisé 24/02/2014 05:12 EST

La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) a pilonné mercredi des positions de rebelles ougandais présumés qui s'étaient emparés dans la matinée de la ville de Kamango, dans l'est du pays, selon un officier supérieur de la Monusco.

"Des hélicoptères sud-africains de la brigade d'intervention de l'ONU ont été demandés par les FARDC (armée régulière) pour les appuyer et les aider à reconquérir Kamango. Ils ont tiré cet après-midi", a expliqué à l'AFP cet officier supérieur. Kamango avait été prise mercredi matin par des rebelles ougandais présumés, les Forces alliées démocratiques-Armée nationale pour la libération de l'Ouganda (ADF-Nalu).

L'armée régulière (FARDC), qui avait fait appel à la brigade de la Monusco, affirme avoir repris depuis la localité.

"On a déjà repris Kamango (...) en fin d'après-midi", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Olivier Amuli, porte-parole de l'armée dans la province instable du Nord-Kivu, où plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs.

L'officier de la Monusco a confirmé : "Kamango a été repris par les FARDC. Apparemment, la démonstration de force et l'engagement des hélicoptères sud-africains ont intimidé les ADF-Nalu."

Kamango avait été attaqué mercredi avant l'aube et, selon le lieutenant-colonel Amuli,les FARDC s'étaient "repliés parce qu'ils étaient moins nombreux".

Dans la zone, un calme précaire était revenu en fin d'après-midi.

"Pour le moment, le bilan fait état de dix personnes enlevées, 11 blessés civils, cinq blessés militaires et plusieurs morts du côté des civils, ainsi que plusieurs maisons brûlées par ces assaillants", avait déclaré plus tôt dans la journée M. Kataliko.

La société civile accuse les ADF-Nalu d'avoir mené cette attaque en collaboration avec l'armée ougandaise.

Un habitant a cependant affirmé que "ce ne sont pas les ADF-Nalu qui ont attaqué Kamango" mais des soldats Ougandais". Il a rapporté que "deux cadavres d'officiers" ont été transportés "vers Butogho, en Ouganda", et qu'une femme libérée après le survol des hélicoptères de la Monusco a "identifié certains militaires ougandais (originaires) de Butogho".

Les "assaillants sont en train de se diriger vers la localité de Nobili", située à la frontière avec l'Ouganda, où se sont réfugiés plus de 150.000 personnes, selon M. Kataliko. "Nous croyons qu'un massacre risque d'avoir lieu c'est pour cela que nous demandons un couloir humanitaire", a-t-il demandé.

D'après lui, les habitants ne peuvent pas traverser la frontière avec l'Ouganda, qui est fermée.

M. Kataliko a déploré la situation des déplacés. "La majeure partie de ceux qui ont fui sont entassés dans une école primaire, les autres restent à la belle étoile".

L'ADF-Nalu sévit dans le nord du Nord-Kivu. Aujourd'hui uniquement composée d'islamistes, elle est dirigée depuis 2007 par Jamil Mukulu, un chrétien converti à l'islam. Les États-Unis l'ont placée sur leur liste d'organisations terroristes dès 2001 et Jamil Mukulu est visé par des sanctions de l'ONU depuis 2011, et de l'Union européenne depuis 2012.

La Monusco avait dénoncé le fait qu'au moins 21 personnes avaient été tuées avec une "extrême brutalité" les 13 et 14 décembre dans les villages de Musuku et Mwenda, dans le territoire de Beni. Elle n'a pas cité les auteurs présumés mais la société civile avait attribué ce "carnage" aux ADF-Nalu.

En juillet, dans la région de Kamango, des combats qui ont fait plusieurs morts avaient opposé l'ADF-Nalu à l'armée congolaise. Des dizaines de milliers de personnes s'étaient alors réfugiées en Ouganda et plusieurs bâtiments publics avaient été pillés. L'armée avait par la suite repris le contrôle de cette localité.

La brigade d'intervention de la Monusco compte 3.000 Sud-Africains, Tanzaniens et Malawites. Elle a été créée pour combattre les dizaines de groupes armés locaux et étrangers actifs dans l'est congolais. Elle a activement participé à la défaite début novembre de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).

Hab/jpc

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