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Le Premier ministre japonais Abe va se rendre au sanctuaire Yasukuni honni par la Chine

25/12/2013 08:51 EST | Actualisé 24/02/2014 05:12 EST

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, va se rendre jeudi au sanctuaire Yasukuni, honni par la Chine qui y voit un symbole du passé militariste nippon, a-t-on appris auprès de son bureau.

"Nous sommes au courant du fait que le Premier ministre va visiter le sanctuaire aujourd'hui", a expliqué un porte-parole de l'équipe de M. Abe à l'AFP, confirmant une information des médias nippons.

Il n'y aura toutefois pas d'annonce officielle des services du Premier ministre à ce sujet, a-t-il ajouté.

Aucun chef de gouvernement japonais en exercice n'a effectué une telle visite dans ce lieu de culte à Tokyo depuis celle de Junichiro Koizumi le 15 août 2006, jour anniversaire de la capitulation du Japon à la fin de la Seconde guerre mondiale.

M. Abe va prier sur place exactement un an après son retour au pouvoir, le 26 décembre 2012. Ce conservateur aux convictions nationalistes avait expliqué auparavant avoir souffert de n'être pas allé au Yasukuni lors de son premier passage à la tête du gouvernement (septembre 2006- septembre 2007).

Ce sanctuaire shintoïste situé au coeur de la capitale honore les âmes de 2,5 millions de soldats morts pour le Japon pendant les guerres modernes.

Sa réputation sulfureuse vient de l'enregistrement en 1978 des noms de 14 criminels de guerre (condamnés après 1945 par les Alliés) dans la liste des âmes célébrées. Parmi ceux-ci figure celui du général Hideki Tojo, Premier ministre du Japon lors de l'attaque sur Pearl Harbor le 7 décembre 1941 qui précipita l'entrée en guerre des Etats-Unis.

Le Yasukuni est de ce fait abhorré par la Chine, mais aussi par la Corée du Sud, qui protestent à chaque fois que des responsables gouvernementaux se rendent sur place, fussent-ils seulement ministres. Les relations du Japon avec ses voisins restent en effet marquées par le souvenir des atrocités commises par les troupes impériales pendant la colonisation de la péninsule coréenne (1910-1945) et lors de l'occupation partielle de la Chine (1931-1945).

Des querelles territoriales, récemment ravivées, contribuent à tendre ces rapports.

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