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Le pape lance un apppel pour les civils victimes des guerres en Syrie et Centrafrique

25/12/2013 07:46 EST | Actualisé 24/02/2014 05:12 EST

Le pape François a dénoncé mercredi avec force dans son premier message de Noël la situation dramatique des civils --enfants, femmes, malades, personnes âgées-- dans les guerres en Syrie et en Centrafrique.

Dans ce message "urbi et orbi" où il n'a pas évoqué son continent d'origine, l'Amérique latine, et, à peine, l'Asie, le pape a lancé un nouvel appel pour la Syrie. Le pape a parlé depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, devant une place comble, à l'adresse notamment des 1,2 milliard de baptisés dans le monde.

"Le conflit en Syrie a trop brisé de vies, fomentant haine et vengeance. Que le Seigneur épargne au bien-aimé peuple syrien de nouvelles souffrances et que les parties en conflit mettent fin à toute violence et garantissent l'accès aux aides humanitaires", a-t-il réaffirmé depuis la loggia de la basilique, dans cette bénédiction transmise par les télévisions du monde entier.

Les bombardements de l'armée de l'air syrienne sur la ville d'Alep ont fait 410 morts, dont 117 enfants, en dix jours de raids, selon une ONG.

François a rappelé la journée de prière pour la paix en Syrie début septembre, à l'occasion de laquelle il s'était prononcé contre une intervention envisagée par les Etats-Unis et la France après l'usage vraisemblable d'armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad.

"Nous avons vu, a-t-il noté, combien la prière est puissante! Et je suis heureux qu'aujourd'hui des croyants de diverses confessions religieuses s'unissent aussi à notre supplication pour la Syrie".

Le pape a condamné la violence dans "l'Irak bien-aimé, frappé par de fréquents attentats", mais sans mentionner celui qui a fait mercredi, 35 morts sur un marché de Bagdad.

François a lancé un appel spécifique pour la Centrafrique, "souvent oubliée des hommes", "terre déchirée par une spirale de violence et de misère, où beaucoup de personnes sont sans maison, sans eau ni nourriture, sans le minimum pour vivre".

Il a appelé à "favoriser la concorde au Soudan du Sud" et cité les "continuelles attaques" au Nigeria, aux prises avec l'islamisme radical de Boko Haram, et les déplacés en République démocratique du Congo et dans la Corne de l'Afrique.

Le pape a prôné partout des solutions de paix qui ne soient pas de "façade". "La paix véritable n'est pas un équilibre entre des forces contraires. Ce n'est pas une belle façade, derrière laquelle il y a des oppositions et des divisions", a lancé Jorge Mario Bergoglio.

Le pape argentin a également dénoncé "ceux qui sont impliqués dans la traite des êtres humains, afin qu'ils se rendent compte de la gravité de tels délits contre l'humanité".

Le fléau des enfants soldats "volés de leur enfance" a été aussi condamné.

Les autres dénonciations ont porté sur l'immmigration ("Fais que les migrants en quête d'une vie digne trouvent accueil et aide") et sur l'environnement: "regarde notre planète, que la convoitise et l'avidité des hommes exploitent souvent sans faire preuve de discernement", a-t-il dit, évoquant le cyclone aux Philippines.

Sortant de son texte, le pape argentin a fini par un appel justifiant ses nombreuses allusions à l'émotion et la pitié: "Oui, nous avons besoin que notre coeur s'émeuve! Nous avons besoin des caresses de Dieu, elles ne causent pas de blessures!", a-t-il lancé.

jlv/ml

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