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Enquête sur la corruption en Turquie: trois ministres démissionnent

25/12/2013 05:16 EST | Actualisé 24/02/2014 05:12 EST

ANKARA, Turquie - Le premier ministre turc a annoncé mercredi le remaniement de son cabinet ministériel, après la démission de trois importants ministres dont les fils ont été arrêtés en lien avec une vaste enquête sur la corruption qui touche de proches alliés de Recep Tayyip Erdogan, l'une des pires crises politiques de ses dix années au pouvoir.

Le ministre de l'Économie, Zafer Caglayan, et le ministre de l'Intérieur, Muammer Guler, ont annoncé leur démission dans des communiqués publiés par l'agence de presse Anadolu.

Le ministre de l'Environnement et de la Planification urbaine, Erdogan Bayraktar, a annoncé sa démission du cabinet et du Parlement lors d'une entrevue en direct avec la télévision privée NTV, lors de laquelle il a aussi appelé le premier ministre à quitter son poste.

Les trois ministres ont nié tout agissement répréhensible.

M. Erdogan a par la suite annoncé que les trois ministres avaient été remplacés. Il a aussi décidé de remplacer le ministre responsable des relations avec l'Union européenne, qui a lui aussi été impliqué dans le scandale, mais qui n'a pas démissionné.

Au total, M. Erdogan a remplacé dix ministres, dont trois qui participeront aux élections municipales du mois de mars.

Les fils de MM. Caglayan et Guler, de même que le directeur général de la banque publique Halkbank, font partie des 24 personnes arrêtées dans la cadre de l'enquête sur la corruption. Le fils de M. Bayraktar, Abdullah Oguz, a été arrêté dans le même contexte, mais il a été libéré par la suite.

Selon des médias turcs, les autorités ont saisi l'équivalent de 4,5 millions $ US en argent caché dans des boîtes de chaussures dans la résidence du directeur de la banque, tandis que 1 million $ US a été trouvé chez le fils de M. Guler, Baris.

Le premier ministre Erdogan a dénoncé l'enquête qui vise ses collaborateurs, affirmant qu'il s'agissait d'un complot des forces étrangères et turques qui veulent nuire à la prospérité de la Turquie et discréditer le gouvernement à l'approche des élections municipales. Les opposants de M. Erdogan l'accusent d'être de plus en plus autoritaire, mais son gouvernement a remporté toutes les élections depuis 2002 en s'appuyant sur une économie relativement robuste, une image «propre» et la promesse de combattre la corruption.

L'enquête en cours représente l'un des plus importants défis auxquels M. Erdogan fait face depuis que son parti de tendance islamiste a échappé de justesse à la dissolution en 2008, pour avoir supposément discrédité la Constitution laïque du pays. L'été dernier, le gouvernement a aussi fait face à une vague de grandes manifestations populaires déclenchées par un projet immobilier qui aurait englouti un important parc public d'Istanbul.

Les démissions de mercredi ont été une surprise. Les observateurs s'attendaient plutôt à ce que M. Erdogan remplace discrètement les ministres impliqués dans le scandale, dans le cadre d'un remaniement ministériel qui était prévu avait même que les allégations de corruption fassent surface.

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