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Chine: inquiétudes sur un vaccin anti-hépatite B après des morts de nourrissons

25/12/2013 01:34 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

Des médias officiels chinois et des internautes réclamaient mercredi une réaction ferme des autorités, alors qu'au moins sept nourrissons sont morts depuis novembre en Chine après avoir reçu un vaccin contre l'hépatite B.

L'Administration chinoise de l'alimentation et du médicament a suspendu l'usage du vaccin concerné, fabriqué par la firme locale BioKangtai, et a déclenché une enquête sur ces décès, a rapporté l'agence officielle Chine nouvelle.

Plus de 44 millions de doses de ce vaccin sont en stock ou ont déjà été vendus, dans 27 provinces et régions à travers le pays, a précisé de son coté le journal Beijing Chenbao.

Selon les médias chinois, un huitième bébé est par ailleurs décédé après l'injection d'un vaccin anti-hépatite fourni par une autre entreprise.

Le vaccin contre l'hépatite B fait partie de la dizaine de vaccins gratuits et obligatoires que doivent recevoir la plupart des enfants en Chine. Il doit être injecté dans les 24 heures suivant la naissance, et des doses supplémentaires sont prévues un mois et six mois plus tard.

Si les tests n'ont pas prouvé jusqu'à présent la responsabilité du vaccin dans la mort des nourrissons, cette série de décès très médiatisée intervient à la suite d'une longue liste de scandales dans l'alimentation et la pharmacie, en partie provoqués par le laxisme et la corruption des autorités de contrôle.

"Vaccin mortel" était le deuxième sujet le plus discuté mercredi sur le réseau social Weibo, équivalent chinois de Twitter, la plupart des internautes exprimant leurs inquiétudes et leur colère.

"J'étais toute tremblante aujourd'hui en emmenant ma petite fille pour une vaccination, en redoutant qu'un accident ne survienne. Il n'y a de sécurité nulle part", s'est lamentée une internaute.

La presse d'Etat n'était pas en reste: le Global Times, réputé pour son ton nationaliste, a ainsi appelé à les autorités à faire preuve de fermeté dans cette affaire.

"Les autorités doivent répondre rapidement aux préoccupations du public et aux soupçons (entourant ce vaccin), mener une enquête approfondie, punir sévèrement les responsables du scandale et saisir l'occasion pour mieux réglementer tout le secteur", a déclaré le quotidien dans un commentaire au ton solennel.

Cette vague d'inquiétudes rappelait aux Chinois le souvenir des crises sanitaires passées. Les autorités chinoises avaient ainsi été accusées en 2003 d'avoir dissimulé l'ampleur de l'épidémie de SARS dans le pays.

En 2008, six enfants avaient été tués et des milliers rendus malade par du lait infantile contaminé par de la mélamine.

En mars 2010, des informations faisant état de 4 enfants morts et de 70 autres malades après des vaccinations dans la province du Shanxi (nord) avaient provoqué un vent de panique, malgré les démentis des autorités.

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