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Atteint de leucémie, un jeune hockeyeur de Mascouche déjoue les pronostics

25/12/2013 03:11 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

En mars dernier, Nicolas Paiement, un jeune joueur de hockey de Mascouche, s'effondre lors d'un match éliminatoire. Le diagnostic est brutal : une leucémie de Burkitt, un type particulièrement agressif. Mais Nicolas est un fin marqueur. Habitué à déjouer les gardiens adverses, il s'est mis à déjouer les pronostics les uns après les autres.

Un reportage de Francis Labbé

Nicolas a 14 ans lorsque tout s'écroule. Pourtant, tout allait bien pour le numéro 53 des Éperviers de Mascouche dans la catégorie Bantam CC.

Champion marqueur de la Ligue intercité Laurentides Lanaudière, il a aidé son équipe à remporter un tournoi et ils visent maintenant le titre de champion des séries. Mais ce jour-là, ça ne va pas pour Nicolas. Pris d'étourdissements, il rentre au banc au milieu de la deuxième période. Il s'effondre derrière le banc de son équipe. On l'emmène à l'hôpital.

Finalement, le diagnostic est implacable : leucémie de Burkitt. Un type très virulent. Nicolas est ébranlé par la nouvelle, mais pas autant que ses parents. « Le monde s'est arrêté pour nous cette journée- là », se rappelle son père, Mario Paiement. « Ce n'était pas le party, mettons », confirme le jeune homme.

La leucémie de Burkitt

Ce type de cancer tend à se diviser. Il s'attaque notamment aux ganglions et à la moelle osseuse, ce qui le rend très virulent. « Mais il est en même temps très fragile aux traitements de chimiothérapie » explique Adam Fleming, oncologue à l'Hôpital de Montréal pour enfants. « Si le patient répond bien aux traitements, on peut attaquer la maladie avec succès. »

Beaucoup de support

Nicolas était en bonne forme physique au moment du diagnostic. Ce qui a incité l'oncologue à y aller de traitements agressifs. Le numéro 53 a bien répondu. Pendant le traitement, il a reçu des appuis de sa famille, mais aussi de purs inconnus. La page Facebook créée pour le soutenir a rapidement atteint les 3000 abonnés.

Le mouvement de support ne s'est pas arrêté là. Nicolas a reçu la visite de Mathieu Darche, un ancien Canadien, et il aussi reçu un chandail autographié par Sydney Crosby. Tout ce support lui a fait grand bien et l'a réconforté dans l'atteinte de ses objectifs : « de guérir et de recommencer à jouer au hockey le plus vite possible », a-t-il lancé de son lit d'hôpital au printemps dernier.

Retour sur patins

Malgré les hauts et les bas des traitements, il répond très bien. « Il mangeait bien, dormait bien, participait activement au traitement », se rappelle l'oncologue Adam Fleming. Si bien que le traitement, qui devait durer presque un an, a pris fin en septembre dernier. L'oncologue n'en revient pas... et il n'a pas fini d'être surpris.

Quelques jours après la fin des traitements, Nicolas remet ses patins pour une séance privée avec famille et amis. Sa décision est prise, il tente sa chance avec « le gros club » de sa ville, le midget AA. « Quand on l'a vu arriver, on voyait bien qu'il venait de terminer ses traitements », se souvient l'entraîneur adjoint des Éperviers midget AA, Yves Floriot. « Il avait le visage cireux, le teint vert et ce n'était pas la forme. Mais dès la deuxième pratique, il a commencé à mêler les cartes. Il a de bonnes mains et un bon sens du jeu. »

Les entraîneurs l'envoient donc commencer la saison un niveau plus bas en promettant de le rappeler en décembre. Là encore, il surprendra tout le monde en gagnant un poste à temps plein au niveau midget AA dès la mi-novembre.

« C'est incroyable de le voir, avec tout ce qu'il a passé cet été et qu'il soit juste capable de jouer au hockey », commente Daniel McMahon, entraîneur de Nicolas en 2013 et aujourd'hui président de l'Association du hockey mineur de Mascouche.

« Le fait qu'il se lève tous les matins, pour aller à l'école, c'est parfait. Le reste, c'est des bonus », rajoute Mario Paiement, le père de Nicolas. « Nous sommes très fiers de lui et nous profitons de chaque instant. Nous avons eu très peur et oui, je crois que c'est un petit miracle. »

Nicolas n'a jamais douté. « Ça a toujours été ma source de motivation. Je vais sortir de cette chambre-là, de ce lit-là, de cet hôpital-là et je m'en vais à l'aréna pour rejouer au hockey, ça, c'est sûr. » Autrement dit, selon son oncologue, Nicolas voulait guérir pour jouer au hockey... donc, le hockey l'a aidé à guérir. « Chaque jour, il avait la motivation pour bien manger, bien dormir, participer au traitement. Quand le patient participe au traitement, tout va mieux. »

Nicolas espère que son histoire convaincra d'autres enfants malades que tout est possible. « Le message, c'est qu'il ne faut pas lâcher. Il faut toujours y croire. On peut reprendre la poursuite de sa vie et de ses rêves, même quand on tombe malade », 

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