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Abe à Yasukuni: "Vive protestation" et "colère" de Pékin

25/12/2013 11:49 EST | Actualisé 24/02/2014 05:12 EST

Pékin a lancé jeudi une "vive protestation" et fait part de sa "colère" à l'annonce de la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe au sanctuaire Yasukuni où sont honorés les morts de la deuxième guerre mondiale.

"Shinzo Abe (...), sans égard pour la partie chinoise, a visité le sanctuaire de Yasukuni. Le gouvernement chinois exprime sa vive colère à l'égard des dirigeants japonais pour leur mépris affiché envers les sentiments du peuple chinois", a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, M. Qin Gang.

Pékin entend élever une "vive protestation" et fait part de sa "profonde condamnation des actes des responsables japonais", a ajouté le porte-parole.

"L'essence des visites des responsables japonais au sanctuaire de Yasukuni est de magnifier l'histoire de l'agression militariste et de la domination coloniale du Japon", a poursuivi le porte-parole.

"Le Japon devra en assumer les conséquences", a-t-il ajouté, soulignant que cette visite, la première d'un chef de gouvernement japonais depuis 2006, "crée un nouvel obstacle significatif aux relations bilatérales" avec la Chine.

Auparavant, un haut responsable du ministère chinois avait jugé "absolument inacceptable pour le peuple chinois" le geste de Shinzo Abe.

Yasukuni, un sanctuaire shintoïste en plein Tokyo, honore les 2,5 millions de soldats morts pour le Japon durant les guerres modernes, mais abrite aussi les noms de 14 criminels de guerre condamnés en 1946 et symbolise ainsi le passé militariste japonais.

Le gouvernement et le Parti communiste chinois (PCC) protestent régulièrement lors des visites effectuées par des responsables japonais au sanctuaire.

L'invasion de la Chine par le Japon dans les années trente a fait plusieurs millions de morts dans la population chinoise et a été marquée par de nombreuses atrocités de la part des troupes japonaises.

Les relations entre les deux pays sont de plus très dégradées depuis plus d'un an à la suite d'un conflit territorial sur des îles inhabitées en mer de Chine orientale, administrées par le Japon sous le nom de Senkaku mais revendiquées par Pékin sous celui de Diaoyu.

Revenant sur ce point, le porte-parole a estimé dans son communiqué que Tokyo avait "intentionnnellement inventé la soit-disant +menace chinoise+ dans le domaine de la sécurité militaire", tandis que la visite à Yakusuni de Shinzo Abe "crée un nouvel et grave incident", signe que Tokyo "ne met pas fin à, mais intensifie" la crise entre les deux pays.

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