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Rome vide le centre d'accueil de réfugiés de Lampedusa après une polémique

24/12/2013 06:44 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

Le gouvernement italien a annoncé qu'il videra mardi le centre d'accueil des réfugiés de Lampedusa après une polémique sur les conditions d'hébergement des migrants qui a donné lieu aussi à des protestations dans un centre près de Rome.

"D'ici la fin de la journée, le centre de Lampedusa sera vidé de ses quelque 200 immigrés", a déclaré le vice-ministre de l'Intérieur Filippo Bubbico dans un interview au quotidien Avvenire.

"Un premier groupe de cent réfugiés est en train de quitter le centre pour être transféré par avion à Palerme. Un deuxième groupe partira dans l'après-midi avec un nouveau vol spécial", a confirmé Khalid Chaouki, député du Parti démocrate (PD) principal parti de la gauche, cité par les médias.

M. Chaouki, d'origine marocaine, s'était "barricadé symboliquement" dimanche dans le centre bondé de Lampedusa, affirmant qu'il y resterait tant que les migrants, qui y sont pour certains depuis des mois, ne seraient pas transférés ailleurs.

"J'ai trouvé ce que je craignais: un lieu indigne où il pleut des toits", avait-il dit.

Les conditions d'hébergement et la durée de leur séjour ont aussi suscité une protestation spectaculaire d'immigrés maghrébins qui se sont cousus la bouche samedi pour protester contre leur détention dans un "Centre d'identification et d'expulsion" (CIE).

Dans le CIE de Ponte Galeria, près de l'aéroport de Rome-Fiumicino, quatre Tunisiens emmenés par un imam participent à cette protestation, imités par cinq Marocains. Ils ont refusé que leur soit ôté le fil unique qui relie leurs lèvres mais ne les empêche pas de boire. Ils poursuivent parallèlement une grève de la faim.

Quatre immigrés du CIE ont été expulsés lundi vers leurs pays d'origine (Tunisie et Maroc) dont deux appartenant au groupe de protestataires. D'autres ont pris le relais, de sorte que "neuf immigrés continuent d'avoir la bouche cousue", a déclaré mardi le directeur du centre Vincenzo Lutrelli. Selon M. Lutrelli qui a dit comprendre leur colère, 37 personnes sont en grève de la faim.

Le chef du gouvernement italien Enrico Letta a promis lundi devant la presse de revoir totalement les conditions d'accueil de migrants et réfugiés dès janvier.

Le gouvernement envisage ainsi d'abaisser de 18 à 2 mois maximum la durée de séjour dans les CIE, d'augmenter le nombre de commissions régionales étudiant les demandes d'asile et de modifier la loi Bossi-Fini qui considère l'immigration clandestine comme un délit passible de la prison.

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