NOUVELLES

Noël : début de la messe de minuit de François, Bethléem prie pour la paix

24/12/2013 03:53 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

Le pape François a commencé mardi dans la basilique Saint-Pierre au Vatican à dire sa première messe de minuit, tandis que Bethléem venait de célébrer Noël, fête de la paix dans la tradition chrétienne, sur fond de violences et de guerres au Moyen-Orient et en Afrique.

L'air grave, le pape argentin est arrivé au milieu d'une longue procession de 30 cardinaux et 40 évêques, puis a fait le tour de l'autel avec un encensoir. "Pax Vobis" ("la paix soit avec vous"), a-t-il lancé d'un voix basse et rauque au début de la cérémonie.

Une crèche napolitaine géante figurant la naissance de Jésus à Bethléem avait été inaugurée sur la place Saint-Pierre et une lumière pour la paix allumée au nom de François.

Cette crèche, intitulée "Franscesco 1223-Francesco 2013", marquait le lien entre le saint (François) d'Assise qui avait prêché la pauvreté radicale et le pape argentin qui a annoncé vouloir "une Eglise pauvre pour les pauvres".

Neuf mois et demi après l'élection de Jorge Mario Bergoglio en tant que 265e successeur de l'apôtre Pierre, l'attente était grande sur les mots qu'allait dire le pape, pour cette grande fête du calendrier catholique retransmise par les télévisions de 65 pays.

La grande messe solennelle, dite de "minuit", devait finir une heure avant minuit, vers 22H00 GMT après avoir débuté une heure et demie plus tôt.

A Bethléem, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, la plus haute autorité catholique romaine en Terre sainte, devait appeler à une "solution juste et équitable" au conflit israélo-palestinien et à la réconciliation au Moyen-Orient, dans son homélie de Noël dont l'AFP a obtenu une copie.

"O divin Enfant, Dieu de bonté et de miséricorde, jette un regard de bonté sur la Terre sainte et nos peuples qui vivent en Palestine, en Israël et Jordanie et sur tous les peuples du Moyen-Orient. Donne-leur tous la réconciliation pour qu'ils deviennent tous frères - fils d'un seul Père", devait implorer Mgr Twal, en présence du président palestinien Mahmoud Abbas et du chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, en visite privée.

De Bethléem, le prélat rappellera aussi dans son homélie "tous les drames de l'humanité sur les cinq continents : des guerres civiles en Afrique au typhon aux Philippines, en passant par la situation difficile en Egypte et en Irak et la tragédie syrienne".

Aux Philippines, les rescapés du typhon Haiyan ont fêté la Nativité avec ferveur au milieu des ruines, malgré les morts et les destructions.

En Centrafrique, la capitale Bangui, toujours en effervescence, passait un triste réveillon de Noël sous couvre-feu et dans la psychose de nouvelles violences. Les messes catholiques et les cultes protestants avaient été avancés dans l'après-midi pour raisons de sécurité.

- Nouvelles violences à Gaza -

A Bethléem, le lieu de la naissance de Jésus dans la tradition chrétienne, la place de la Mangeoire, en face de la basilique de la Nativité, avait pris des allures de kermesse.

La foule bon enfant se pressait au pied d'un sapin de Noël géant illuminé et d'une crèche. Une chorale reprenait des chants de Noël.

Des pères Noël et bonshommes de neige gonflables s'efforçaient d'apporter de la bonne humeur dans les cafés et les restaurants bordant la place.

Mais le climat hivernal et festif est assombri cette année par les espoirs déçus après la reprise des négociations directes entre Israël et les Palestiniens fin juillet.

Les violents incidents se sont multipliés de part et d'autre ces derniers temps en Israël, en Cisjordanie, et dans la bande de Gaza, et les navettes, pourtant nombreuses, du secrétaire d'Etat américain John Kerry n'ont pour le moment produit aucun résultat concret.

Mardi, une enfant palestinienne a été tuée et au moins six autres Palestiniens blessés dans des raids israéliens sur la bande de Gaza, selon des sources médicales locales, en représailles à un tir de tireur embusqué qui a tué un Israélien travaillant sur la frontière.

Mais en dépit des violences et de l'impasse politique, la Terre sainte se préparait à accueillir le pape François en mai prochain, un voyage prévu mais pas encore annoncé officiellement.

Dans son message de Noël, la semaine dernière, le patriarche latin de Jérusalem avait assuré que le pape argentin "avait dans le coeur la Terre Sainte et le Moyen-Orient".

De son côté, le président palestinien avait appelé lundi les pèlerins du monde entier à se rendre en Terre sainte pour la visite du pape.

bur-agr-jlv/hj/bds

PLUS:hp