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L'ONU a découvert un charnier contenant 34 corps au Soudan du Sud

24/12/2013 10:43 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

NAIROBI, Kenya - Alors que de violents affrontements à caractère ethnique font rage au Soudan du Sud, les enquêteurs onusiens ont découvert un charnier près d'une ville contrôlée par les rebelles, a annoncé l'ONU mardi, tandis que les négociations visant à éviter que le pays ne sombre dans la guerre civile semblaient vouloir se concrétiser.

Les corps ont été trouvés à Bentiu, dans l'État d'Unité. Une fosse contenait 14 cadavres et une autre située un peu plus loin en contenait 20, a indiqué la porte-parole du bureau des Nations unies pour les droits de l'homme, Ravina Shamdasani.

Le ministre sud-soudanais de l'Information, Michael Makuei Lueth, a affirmé que Bentiu était aux mains d'insurgés fidèles à l'ancien vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, soutenant qu'ils étaient responsables du meurtre des victimes retrouvées dans le charnier.

Les morts appartiendraient à l'ethnie dinka et auraient fait partie de l'Armée populaire de libération du Soudan, a expliqué Mme Shamdasani, en référence aux forces militaires sud-soudanaises.

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, est un Dinka, alors que M. Machar est membre de l'ethnie nuer.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a discuté au téléphone, mardi, avec Riek Machar, qui lui a assuré être prêt à participer à des pourparlers avec M. Kiir. Les discussions se dérouleront probablement en Éthiopie.

La violence a commencé à se propager au Soudan du Sud après qu'une querelle eut éclaté le 15 décembre entre Dinkas et Nuers au sein de la garde présidentielle.

Quelque 20 000 personnes fuyant les hostilités se sont rassemblées autour d'une base de l'ONU à Juba, la capitale, où au moins deux autres charniers auraient été découverts, selon la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait voter sur une résolution demandant de faire temporairement passer le nombre de militaires onusiens au Soudan du Sud de 7000 à 12 500 et le nombre de policiers internationaux de 900 à 1323, à la demande du secrétaire général Ban Ki-moon.

Le personnel de l'ONU a examiné le charnier près de Bentiu lundi. Au départ, les Nations unies avaient parlé de 75 corps, avant de réviser le bilan et de l'établir à 34. L'organisation a ajouté que 75 personnes manquaient toujours à l'appel et qu'elle craignait pour leur vie.

Les États-Unis, la Norvège et l'Éthiopie mènent les efforts diplomatiques pour lancer des pourparlers de paix au Soudan du Sud et mettre fin à la crise, qui a commencé il y a 10 jours. Selon certaines sources, le président Salva Kiir et l'ancien vice-président Riek Machar ont accepté de se rencontrer mais certains points, comme l'incarcération de compatriotes de M. Machar, font encore obstacle aux discussions.

Pendant ce temps, les troupes sud-soudanaises ont lancé un assaut contre Bor, dans l'État de Jonglei, afin de reprendre la ville aux combattants loyaux à Riek Machar, a déclaré mardi le porte-parole de l'armée, Philip Aguer.

D'après M. Aguer, des rebelles armés ont pénétré dans le camp de réfugiés de l'ONU à Bor, une situation dangereuse pour les quelque 17 000 civils qui s'y trouvent.

Il a ajouté que les soldats sud-soudanais marcheraient aussi bientôt sur Bentiu.

Le Soudan du Sud s'est séparé pacifiquement du Soudan en 2011 à la suite d'un traité de paix signé en 2005, au terme de plusieurs décennies de guerre. Toutefois, quelques groupes rebelles armés subsistent toujours dans le pays, qui compte parmi les contrées les moins développées au monde, ce qui entraîne régulièrement des affrontements entre les différentes tribus qui font chaque fois des centaines de morts.

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