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L'illustrateur et cinéaste Frédéric Back est décédé à l'âge de 89 ans

24/12/2013 04:09 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - L'artiste, illustrateur et cinéaste Frédéric Back, créateur du film d'animation «L'Homme qui plantait des arbres», est décédé mardi, selon plusieurs sources. Il était âgé de 89 ans.

Frédéric Back est né le 8 avril 1924 à St-Arnuald, en banlieue de la ville de Sarrebrück, en Allemagne. Il a grandi à Strasbourg, où il a démontré très jeune un intérêt marqué pour les arts et le dessin.

En 1938, il entre à l'école Estienne de Paris, en dessin lithographique. Il a ensuite étudié aux Beaux-arts de Renne, où il a fait la rencontre de Mathurin Méheut, peintre et illustrateur de grande renommée qui lui enseignera et le marquera énormément aux points de vue artistique et humain.

En 1946, il entreprend une relation épistolaire avec une institutrice québécoise nommée Ghylaine Paquin, avec qui il correspond pendant deux ans, avant de traverser l'Atlantique en direction du Canada. Arrivé au pays, il est nommé professeur à l'École du Meuble, en remplacement de Paul-Emile Borduas, ainsi qu'à l'École des Beaux-Arts.

Frédéric Back épouse Ghylaine Paquin le 2 juillet 1949. Le couple aura trois enfants, Christian, Süzel et Francis.

Dans les années 1950, Back est embauché à Radio-Canada, où il sera d'abord lettreur, puis illustrateur. Il agit ensuite à titre de caricaturiste à l'émission «Le Nez de Cléopâtre» et conçoit des décors pour la série «Le Roman de la science», de Fernand Séguin.

En 1967, il signe la verrière de la station de métro Place-des-Arts, à Montréal.

S'intéressant au cinéma d'animation, il crée de nombreux films, dont plusieurs connaîtront un grand succès à l'étranger. Il reçoit une première mise en nomination aux Oscars en 1981, dans la catégorie du meilleur film d'animation, pour «Tout-rien». L'année suivante, il est de nouveau en lice avec son film «Crac!», pour lequel il remporte finalement la statuette dorée.

«On possède une liberté d'interprétation quand on dessine. On peut y mettre de la fantaisie mais aussi injecter nos idées et nos convictions. Ce qu'il y a de bien avec les films d'animation, c'est qu'ils sont accessibles à tous», affirmait Frédéric Back au quotidien Le Devoir en avril 2007.

Les convictions du cinéaste et militant écologiste ont certes teinté son plus grand succès en carrière, «L'Homme qui plantait des arbres», inspiré d'un livre de Jean Giono. Il a reçu pour cette oeuvre un deuxième Oscar, en 1987. Un quatrième de ses films sera lui aussi mis en nomination aux Oscars, soit «Le Fleuve aux grandes eaux» (1993), un hommage au Saint-Laurent.

Le grand respect que voue Frédéric Back à la nature ne se reflète pas que dans son oeuvre cinématographique. Le cinéaste n'hésite pas à s'engager dans les causes qui lui tiennent à coeur, notamment à titre de membre de la Société pour vaincre la pollution, d'Eau Secours! et de la Société québécoise pour la défense des animaux.

«Les problèmes environnementaux sont des problèmes universels, qui ont été longtemps étouffés par tous les profiteurs sous la notion factice de "progrès", déplorait-il en entrevue à l'hebdomadaire Voir, au printemps 2007. Je reste persuadé que tout créateur a une responsabilité en regard du destin du monde et de la façon dont l'humanité se comporte.»

Frédéric Back a par ailleurs été fait officier de l'Ordre du Canada, officier de l'ordre des Arts et Lettres de la France et chevalier de l'Ordre national du Québec, en plus d'avoir remporté le Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène en 1994.

Dans les années 2000, la fille de Frédéric Back, Süzel Back-Drapeau, a participé à l'élaboration d'un site Internet, www.fredericback.com, visant à mettre en valeur le travail de son père et sur lequel se retrouvent près de 5000 oeuvres inédites.

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