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La Turquie rend hommage à un chanteur kurde mort en exil en France

24/12/2013 05:27 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

La Turquie a officiellement réhabilité le chanteur contestataire d'origine kurde Ahmet Kaya, mort en 2000 en exil en France, en lui attribuant mardi une récompense à titre posthume.

Le président turc Abdullah Gül a remis à Ankara à l'occasion d'une cérémonie au palais présidentiel le Grand Prix présidentiel de l'Art et de la Culture à Gülten Kaya, la veuve de l'artiste, autrefois villipendé par les milieux nationalistes pour vouloir chanter dans sa langue maternelle.

Le chanteur et compositeur, décédé d'une crise cardiaque à Paris à l'âge de 43 ans, est salué pour "l'effet unificateur" de son oeuvre et de son discours entre les communautés kurde et turque de Turquie.

Ahmet Kaya a connu le succès au milieu des années 1980 en Turquie. En 1999, lors d'une remise de prix de chanson à Istanbul, il avait annoncé son intention d'enregistrer en Kurde, provoquant l'ire de ses pairs et de l'opinion publique turque meurtrie par une rébellion séparatiste kurde sanglante.

L'incident a entraîné une poursuite judiciaire et une pression médiatique visant l'artiste, qui s'est exilé en France où il est décédé et où il est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Depuis, la Turquie a entrepris d'importantes réformes en faveur de la communauté kurde, légalisant l'usage de sa langue, et une chaîne de la télévision publique émet aujourd'hui exclusivement en kurde.

BA/ros

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