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Irak: Al-Qaïda revendique une attaque meurtrière contre une télévision

24/12/2013 06:39 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

L'Etat islamique en Irak et au levant (EIIL), un groupe lié à Al-Qaïda, a revendiqué mardi une attaque menée la veille contre une chaîne de télévision qui a tué cinq employés dans le nord du pays.

Des membres de l'EIIL ont attaqué "le siège de la (chaîne) satellitaire Salaheddin qui (...) déforme les faits et lutte contre le peuple sunnite", indique le groupe sur des forums jihadistes sur internet.

L'EIIL affirme que deux de ses membres ont mené l'attaque contre la chaîne, basée à Tikrit, chef-lieu de la province de Salahhedine, alors que la police avait parlé lundi de quatre attaquants.

Le rédacteur en chef, un producteur, un journaliste, un présentateur et le responsable des archives de la chaîne Salaheddin ont été tués dans l'assaut, selon des responsables de la police qui ont fait également état d'au moins cinq employés blessés.

Les autorités irakiennes font régulièrement l'objet de critiques au sujet de violations de la liberté de la presse et sur l'impunité des assassins de journalistes.

"Je suis de plus en plus inquiet à propos des attaques de journalistes par des éléments extrémistes lors des dernières semaines", a déclaré l'envoyé des Nations unies à Bagdad, Nickolay Mladenov, dans un communiqué.

"Ce dernier acte de terrorisme flagrant contre la télévision de Tikrit devrait faire l'objet d'une enquête (...) et des mesures devraient être prises pour empêcher que de tels actes haineux se reproduisent", a-t-il dit.

"J'appelle le gouvernement irakien (et le Parlement) à s'assurer qu'une protection adéquate est fournie aux journalistes et aux médias en Irak", a-t-il encore indiqué.

L'ambassade américaine à Bagdad a également condamné l'attaque.

"Il s'agit de la dernière en date d'une récente série de tentatives d'intimidations des journalistes et des médias de la part de l'organisation qui se présente comme Al-Qaïda en Irak", a souligné l'ambassade dans un communiqué.

L'année 2013 a été noire pour l'Irak, qui a renoué avec des niveaux de violences proches de ceux de 2008, lorsque le pays sortait tout juste d'une guerre civile, après l'invasion américaine de 2003.

La colère de la communauté sunnite, qui se plaint d'être l'objet d'une campagne de répression du gouvernement dirigé par les chiites, a été un facteur clé dans l'escalade des violences.

Plus de 6.650 personnes ont été tuées depuis le début de l'année en Irak, selon un bilan compilé par l'AFP.

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