NOUVELLES

Égypte: un attentat dans le delta du Nil fait 15 morts, dont 14 policiers

24/12/2013 12:39 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

MASOURA, Égypte - Une puissante explosion a frappé un poste de police dans une ville du delta du Nil, en Égypte, tôt mardi, faisant 15 morts et une centaine de blessés. Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier à être survenu depuis le début, il y a quelques mois, d'une vague de violence que les autorités égyptiennes mettent sur le compte de militants islamistes.

Cette attaque a mis en évidence la vulnérabilité de la police égyptienne et sa difficulté à assurer la sécurité devant l'appréhension d'une hausse de la violence militante à l'approche d'un référendum, les 14 et 15 janvier, sur une version révisée de la Constitution.

Ce vote est une étape charnière pour la transition politique du pays après le renversement, en juillet, du président islamiste Mohammed Morsi, mais il attise aussi les tensions.

Des responsables ont tenté d'établir un lien entre cette attaque terroriste et le plus grand ennemi du gouvernement, les Frères musulmans, qui mènent une campagne de manifestations depuis la destitution de M. Morsi. De son côté, le groupe a accusé le gouvernement de vouloir le transformer en bouc émissaire pour justifier l'intensification de la répression dont il fait l'objet.

Lors des funérailles des 14 policiers et du civil tués par la déflagration, des centaines de personnes se sont rassemblées sur la place principale de la ville de Mansoura, où a eu lieu l'attaque, et ont réclamé «l'exécution» des Frères musulmans. Ils ont de plus chanté les louanges du chef militaire Abdel-Fattah el-Sissi, brandissant des affiches disant 'Non aux groupes terroristes' et des photos de lui.

Depuis que l'armée a destitué M. Morsi et s'en est pris aux Frères musulmans, l'Égypte est aux prises avec un nombre croissant d'attentats spectaculaires et de fusillades, principalement dirigés contre les forces de sécurité. La plupart des attaques se sont déroulées dans la péninsule du Sinaï, où plusieurs groupes militants ont des activités, mais l'insurrection s'est aussi propagée au delta du Nil, très peuplé, ainsi qu'au Caire.

Des milliers de supporters du président déchu ont été appréhendés, dont l'ancien premier ministre durant le règne de M. Morsi, Hesham Kandil, arrêté mardi. Selon ce que rapportent des médias, il devra purger une sentence déjà prononcée d'un an d'emprisonnement.

Mardi, le premier ministre intérimaire Hazem el-Beblaoui n'a pas été jusqu'à accuser directement les Frères musulmans pour l'explosion de Mansoura, mais il a lié l'événement aux manifestations pro-Morsi et l'a présenté comme faisant partie d'une série de menaces à la sécurité de la population.

Afin d'ostraciser encore plus les Frères musulmans, un comité gouvernemental a envisagé cette semaine de qualifier le groupe d'«organisation terroriste».

PLUS:pc