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Edward Snowden fait deux apparitions médiatiques, aux États-Unis et en Angleterre

24/12/2013 12:48 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

LONDRES - Lui qui gardait profil bas depuis sa fuite en Russie, l'ancien consultant de l'agence nationale de sécurité des États-Unis (NSA) Edward Snowden a soudainement refait surface dans les médias, affirmant que sa «mission était déjà accomplie» et qu'il considérait avoir «déjà gagné», après avoir révélé des informations confidentielles de la NSA.

M. Snowden a accordé une entrevue de 14 heures au Washington Post, qui soutient qu'il s'agit du premier entretien qu'il donne en personne depuis son arrivée à Moscou, en juin.

Il a enchaîné en enregistrant un message pour la télévision britannique, que le réseau Channel 4 diffusera mercredi dans le cadre de son «message de Noël alternatif» annuel, un segment habituellement réservé aux allocutions provocatrices ou originales.

M. Snowden a affirmé au Washington Post être satisfait que les journalistes aient été capables de raconter l'histoire de la collecte massive d'information téléphonique par le gouvernement américain, activité qui a énormément crû depuis le 11 septembre 2001.

«En termes de satisfaction personnelle, la mission est déjà accomplie, a-t-il dit durant l'entrevue qui a été publiée en ligne lundi soir. J'ai déjà gagné.»

«Dès que les journalistes ont été capables de travailler, tout ce que je tentais de faire a été validé, a-t-il confié au Washington Post. Parce que, rappelez-vous, je ne voulais pas changer la société. Je voulais donner à la société l'occasion de déterminer si elle devrait changer.»

Il a aussi donné quelques informations sur sa vie en Russie, se décrivant comme «un chat d'intérieur», laissant entendre qu'il ne sortait pas beaucoup.

Des extraits du message enregistré pour Channel 4 ont aussi été diffusés.

«La discussion qui se déroule aujourd'hui déterminera le degré de confiance que l'on peut placer entre la technologie qui nous entoure et le gouvernement qui la régule. Ensemble, nous pouvons trouver un meilleur équilibre, mettre fin à la surveillance de masse et rappeler au gouvernement que s'il veut vraiment savoir ce qu'on en pense, le demander sera toujours plus abordable qu'espionner.»

La reine Élizabeth II livre chaque année le «message de Noël royal», mais Channel 4 a utilisé sa version parodique pour offrir un espace d'expression à des gens aussi divers que le président iranien Mahmoud Ahmedinejad en 2008 et des êtres fictifs tels qu'Ali G, l'un des personnages de l'humoriste Sacha Baron Cohen, en 1999 et Marge Simpson en 2004.

M. Snowden dit aussi aux Britanniques que la surveillance moderne est plus invasive que celle imaginée par George Orwell dans le roman «1984». Il affirme que les enfants d'aujourd'hui grandiront sans savoir ce qu'est un moment privé non enregistré.

«C'est un problème parce que l'intimité a de l'importance, l'intimité est ce qui nous permet de déterminer qui nous sommes et qui nous voulons être», fait-il valoir.

L'entrevue qu'il a accordée au Washington Post s'est étalée sur deux jours. Elle a été réalisée par le journaliste Barton Gellman, six mois après que les premières révélations eurent été publiées dans le Post et le journal The Guardian.

Selon M. Gellman, qui avait reçu plusieurs des révélations initiales, M. Snowden était à l'aise et animé durant les deux jours de conversation quasi ininterrompue.

Les renseignements fournis par le jeune homme, maintenant âgé de 30 ans, ont déclenché un débat mondial sur les limites de la surveillance et la valeur de la vie privée. La Russie lui a accordé l'asile temporaire il y a cinq mois, après que les États-Unis eurent déposé des accusations d'espionnage et de vol de propriété du gouvernement contre lui.

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