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Bâtir un plafond pour sauver les équipes

24/12/2013 09:48 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

Le patron de Lotus prétend que 80 % des équipes éprouvent des difficultés financières. Le plafond bugétaire s'impose. 

Gérard Lopez a dit ce que personne ne voulait entendre. La F1 est très mal en point, et doit réagir.

« Pour 80 % des équipes, la situation financière n'est pas meilleure que la nôtre, a-t-il dit sur le site russe f1news.ru. Si la moitié devait quitter la F1, ce serait la fin du championnat. » 

M. Lopez explique que la F1 doit trouver de nouvelles façons de financer ses activités.

« Si je dis à une entreprise: "je veux vendre des millions de voitures hybride à énergie renouvelable", elle dira: "Wow! Voyons voir ce que nous pouvons faire". Si je dis que je cherche de l'argent pour mon équipe de F1, qui participe au championnat le plus médiatisé de la planète, elle ne réagira pas de la même façon. »

C'est pourquoi le projet d'un plafond budgétaire devient nécessaire. Et Bernie Ecclestone a parfaitement conscience qu'il y a urgence.

« Cela fait très longtemps que je suis en F1, j'ai aussi possédé et dirigé une équipe (Brabham) pendant 18 ans, a-t-il appelé à l'agence Reuters. Depuis que je suis en F1, il y a toujours eu des équipes riches et pauvres. Peu importe la discipline sportive, les gens vont dépenser ce qu'ils pensent devoir dépenser pour gagner.

« Ce que nous allons tenter de faire, c'est instaurer un plafond sur le montant qu'une équipe peut dépenser. Nous allons tenter de les sauver d'elles-mêmes », a lancé M. Ecclestone.

L'idée d'un plafond budgétaire avait fait son chemin sous le règne de Max Mosley, alors président de la FIA. Il voulait ainsi attirer de nouvelles équipes. Il avait en 2009 proposer un choix aux équipes: limiter les innovations technologiques ou permettre tout, mais réduire les budgets. 

Il avait ensuite proposé un plan de compression, une réduction progressive des budgets, sur trois ans, de 2009 à 2011, pour descendre à 65 millions de dollars en 2011. Une réduction massive, qui aurait obligé les grosses équipes à revoir complètement leur mode de fonctionnement. Et le plan de compression a finalement été rejeté.

L'idée d'un plafond budgétaire refait à nouveau surface, mais certains craignent que les équipes appartenant à des manufacturiers automobiles cachent des dépenses au sein de l'entreprise mère et parviennent ainsi à contourner le règlement.

La conjoncture économique impose pourtant qua la F1 se discipline une fois pour toutes. 

La FIA pourrait elle-même effectuer les vérifications nécessaires pour s'assurer que tout règlement encadrant le plafond budgétaire est respecté, ou nommer une tierce partie indépendante et lui confier ce rôle.

« Il faut faire des concessions et cela requiert un équilibre différent, a dit la directrice de l'équipe suisse Sauber Monisha Kaltenborn sur le officiel de la F1. Il n'est pas nécessaire que tous soient au même niveau. Je ne crois pas à cela, car nous sommes dans un monde de compétition après tout, alors il ne faut pas que ce soit identique (d'un bout à l'autre du plateau). Mais il faut que les conditions (économiques) soient les mêmes, et il doit y avoir de la stabilité. C'est ce qui réduira les coûts. »

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