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Adolescente en état de mort cérébrale: un juge donne un délai à la famille

24/12/2013 09:47 EST | Actualisé 23/02/2014 05:12 EST

OAKLAND, États-Unis - Les appareils qui maintiennent artificiellement en vie une jeune fille de 13 ans, déclarée en état de mort cérébrale depuis une amygdalectomie qui a connu des complications, pourront être débranchés, a statué un juge de l'État de la Californie mardi.

Le juge Evelio Grillo, de la Cour supérieure du comté d'Alameda, a toutefois donné à la famille de Jahi McMath jusqu'au 30 décembre, à 17 h, pour interjeter appel. Elle sera maintenue en vie d'ici là. Des proches affirment que la famille n'a pas encore pris de décision.

Deux docteurs ont témoigné que Jahi ne pouvait pas respirer par elle-même lorsque le respirateur a été brièvement retiré, durant des essais. Un témoin expert, Paul Fisher de l'université Stanford, l'a examinée durant plusieurs heures lundi et mardi et a affirmé au juge qu'elle était en état de mort cérébrale.

Le juge a basé sa décision sur les conclusions du docteur Fisher et du docteur Robin Shanahan de l'Hôpital pour enfants.

Cet hôpital d'Oakland, où se trouve la jeune fille, a demandé à ce que les appareils soient débranchés après que les docteurs eurent constaté son état.

La famille avait affirmé croire que Jahi était toujours en vie et que l'hôpital ne devrait pas débrancher les appareils sans sa permission, mais l'hôpital n'était pas d'accord.

«Puisque Mme McMath est morte, pratiquement et légalement, il n'y a pas de traitement médical qui puisse être poursuivi ou interrompu; il n'y a donc rien que la famille puisse approuver ou refuser», a plaidé l'hôpital dans un document déposé mardi à la cour.

La famille McMath a demandé au juge qu'un troisième docteur, le pédiatre Paul Byrne, témoigne, mais la cour a refusé parce qu'il n'est pas pédiatre-neurologue.

Co-auteur du livre «Beyond Brain Death» («Au-delà de la mort du cerveau»), M. Byrne a affirmé en entrevue téléphonique qu'il ne pouvait pas se prononcer, n'ayant pas vu les documents médicaux de Jahi. Cependant, il soutient que le fait que le respirateur fonctionne est un signe de vie.

«Le respirateur ne fonctionne pas sur un cadavre. Sur un cadavre, le respirateur pousse l'air à l'intérieur, mais il n'en ressort pas. Il n'y a que l'être vivant qui expire l'air», a-t-il expliqué.

Le docteur David Durand, chef de l'équipe pédiatrique à l'Hôpital pour enfants, a expliqué que la chirurgie de Jahi était «très complexe», et pas seulement une simple amygdalectomie.

Il ne pouvait donner plus de détails, en raison du secret professionnel.

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