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Egypte: 14 morts dans un attentat, le Premier ministre déclare les Frères musulmans "terroristes"

23/12/2013 09:27 EST | Actualisé 22/02/2014 05:12 EST

Le Premier ministre égyptien a qualifié mardi les Frères musulmans du président destitué Mohamed Morsi d'"organisation terroriste", peu après un attentat contre la police ayant fait 14 morts, selon des sources médicales.

Cet attentat à la voiture piégée particulièrement sanglant et la déclaration qui a suivi interviennent à trois semaines de la tenue d'un référendum constitutionnel censé constituer la première étape de la "transition démocratique" promise par l'armée lorsqu'elle a arrêté et destitué M. Morsi le 3 juillet.

"Le Premier ministre Hazem Beblawi a déclaré les Frères musulmans organisation terroriste", a indiqué son conseiller Chérif Chawqi à l'agence officielle Mena, alors que les nouvelles autorités dirigées de facto par les militaires accusent régulièrement la confrérie d'aider et de financer les auteurs des attaques contre les forces de l'ordre devenues quasi-quotidiennes depuis le début de l'été.

Dans la nuit, une voiture chargée de plusieurs dizaines de kilogrammes d'explosifs, selon des responsables des services de sécurité, a explosé devant un bâtiment de la police à Mansoura, chef-lieu de la province de Daqahleya, tuant 14 personnes et en blessant une centaine d'autres, selon des sources médicales locales.

Des sources de sécurité ont précisé que le général Sami el-Mihi, chef de la sécurité de la province, avait été blessé tandis que deux de ses collaborateurs figuraient parmi les morts. L'explosion a été ressentie à quelque 20 kilomètres à la ronde, ont ajouté ces sources.

La majorité des victimes sont des policiers, a précisé Omar al-Chaouatfy, le gouverneur de cette province à une centaine de kilomètres au nord du Caire, dans le delta du Nil. Des images de la télévision ont montré d'importants dégâts et des façades endommagées d'immeubles au milieu de nombreuses ambulances.

L'Egypte s'est engagée début juillet dans un engrenage de la violence. D'une part, le nouveau pouvoir réprime dans le sang les manifestants pro-Morsi, une campagne qui s'est soldée à ce jour par plus d'un millier de morts et des milliers d'arrestations.

D'autre part, des groupes jihadistes, dont certains liés à Al-Qaïda, revendiquent régulièrement des attentats contre la police et l'armée, dont plusieurs à la voiture piégée. Depuis début juillet, plus d'une centaine de soldats et de policiers ont péri dans de telles attaques, en majorité dans la péninsule désertique du Nord-Sinaï.

L'armée a destitué le premier président élu démocratiquement d'Egypte le 3 juillet suite à des manifestations massives qui reprochaient au chef d'Etat islamiste de ne pas avoir su gérer le pays et de n'avoir servi que les intérêts de sa confrérie.

Depuis, les chefs d'accusation se multiplient contre membres et dirigeants des Frères musulmans, influent mouvement extrêmement organisé en Egypte, qui avait remporté toutes les élections organisées depuis la révolte populaire ayant chassé Hosni Moubarak du pouvoir en février 2011.

M. Morsi est ainsi jugé dans trois affaires: son évasion de prison lors de la révolte de 2011, la mort de manifestants et des accusations d'"espionnage" au profit d'organisations étrangères en vue de commettre des "actes terroristes".

A l'instar de M. Morsi, la quasi-totalité de la direction de la confrérie fondée il y a 85 ans se trouve actuellement derrière les barreaux et fait l'objet de poursuites, en particulier pour la mort de manifestants anti-Morsi.

Par ailleurs, réagissant à la condamnation de trois militants laïques qui avaient défilé contre une loi controversée limitant le droit de manifester, la diplomatie américaine a dénoncé lundi un climat de plus en plus liberticide en Egypte.

Washington demande depuis des mois au Caire d'oeuvrer au retour d'un régime démocratique, notamment à l'occasion du référendum sur une nouvelle Constitution programmé les 14 et 15 janvier 2014.

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