REYKJAVIK, Islande - En Islande, cette contrée de feu et de glace dont les champs de lave offrent des paysages étranges où n'importe quelle créature pourrait surgir, les histoires sur le «peuple caché», le nom donné aux milliers d'elfes qui vivraient sur l'île, abondent.

Dans ce contexte, ce n'était qu'une question de temps avant que les elfes du XXIe siècle ne soient représentés sur le plan politique.

Des défenseurs des elfes ont en effet uni leurs forces à des écologistes afin d'exhorter la Commission des routes et des côtes de l'Islande ainsi que les autorités locales à abandonner un projet d'autoroute visant à relier la péninsule d'Alftanes, où le président a une résidence, à la ville de Gardabaer, en banlieue de Reykjavik.

Ils craignent que la route ne perturbe l'habitat des petits êtres et affirment que cette région est particulièrement importante parce qu'elle abrite un lieu de culte elfique.

Les travaux ont été interrompus jusqu'à ce que la Cour suprême de l'Islande ne rende sa décision dans un cas soumis par un groupe nommé «Les amis de la lave», qui fait valoir que le projet aura un impact tant sur le plan environnemental que culturel, ce qui comprend les elfes. Il a organisé de nombreuses manifestations pour bloquer le passage aux bulldozers auxquelles ont participé des centaines de personnes.

Ce n'est pas la première fois que le «peuple caché» influence les décisions des autorités islandaises. En fait, cela se produit si souvent que la Commission des routes et des côtes a même créé une banque de réponses à l'intention des médias à ce sujet, qui dit entre autres que «les problèmes ont été réglés en reportant la construction afin que les elfes vivant là aient le temps de déménager».

Le folklore scandinave regorge d'elfes, de trolls et d'autres personnages mythologiques. La plupart des gens en Norvège, au Danemark et en Suède ne croient plus sérieusement au «peuple caché» depuis le XIXe siècle, mais pour beaucoup d'Islandais, il n'est pas un sujet de plaisanterie.

En 2007, 62 pour cent des 1000 personnes ayant participé à un sondage mené par l'Université d'Islande ont dit penser qu'il était au moins possible que les elfes existent.

Pour Terry Gunnell, qui enseigne le folklore à l'Université d'Islande, il n'est pas étonnant qu'autant d'Islandais estiment l'existence des elfes plausible.

«C'est un pays où votre maison peut être détruite par un séisme, quelque chose que vous ne pouvez même pas voir, où le vent peut vous faire tomber, où l'odeur de soufre qui s'échappe de votre robinet indique la présence d'un feu invisible pas trop loin en-dessous de vos pieds, où les aurores boréales font du ciel le plus grand écran de télévision géant au monde et où les sources chaudes et les glaciers parlent, a affirmé M. Gunnell. Tout le monde est conscient que la terre est vivante et l'on peut dire que les histoires sur le peuple caché et sur la nécessité de collaborer étroitement avec lui montrent que les gens savent qu'ils doivent traiter la terre avec respect.»

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