NOUVELLES
20/12/2013 11:46 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

Syrie: les É-U s'opposent à la présence de l'Iran à la conférence de Genève

GENÈVE - Les États-Unis se sont opposés, vendredi, à la présence de l'Iran aux pourparlers sur la guerre civile syrienne qui doivent avoir lieu le mois prochain à Genève, mais ont accepté de permettre à d'autres puissances régionales, comme l'Arabie saoudite, de prendre part à l'événement.

Selon l'envoyé des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, une trentaine de pays seront invités à une journée de planification qui se déroulera le 22 janvier à Montreux. Il a ajouté que la participation de l'Iran aux discussions était le seul point litigieux, mais qu'elle n'avait pas encore été officiellement exclue. L'opposition syrienne refuse aussi de voir Téhéran à la table des négociations.

En conférence de presse, M. Brahimi a reconnu que Washington n'était pas convaincu que la présence de l'Iran était une bonne chose et qu'il avait été convenu de passer un peu plus de temps sur cette question afin de voir si une entente était possible.

Il a fait ces commentaires au terme d'une journée de rencontres entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, soit le Royaume-Uni, la Chine, la France, la Russie et les États-Unis, ainsi que la Turquie, la Jordanie, le Liban et l'Irak, les pays voisins de la Syrie.

Parmi les autres nations invitées aux pourparlers figurent l'Algérie, le Brésil, l'Égypte, le Koweït, l'Oman, le Qatar et les Émirats arabes unis. Les négociations entre les représentants du gouvernement du président Bachar el-Assad et l'opposition syrienne s'amorceront le 24 janvier au siège social européen des Nations unies à Genève.

Un haut dirigeant américain a confié aux reporters sous le couvert de l'anonymat que Washington s'était opposé à la présence de l'Iran parce que cette dernière n'avait pas donné son appui officiel aux principes adoptés lors de la première conférence de paix sur la Syrie, qui a eu lieu à Genève en juin 2012.

Il a aussi évoqué le fait que Téhéran fournissait du financement et des effectifs à des milices comme le mouvement libanais du Hezbollah, dont les membres soutiennent les troupes syriennes. La Garde révolutionnaire iranienne a déjà reconnu avoir envoyé des conseillers en Syrie, mais a assuré n'avoir dépêché aucun combattant.

Les vice-ministres russes aux Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov et Guennadi Gatilov, ainsi que la sous-secrétaire d'État américaine aux Affaires politiques, Wendy Sherman, faisaient partie des diplomates ayant participé à la réunion de vendredi.

Les disputes concernant les personnes qui devraient représenter le régime Assad et l'opposition et sur la pertinence de permettre à l'Iran, à l'Arabie saoudite et à d'autres joueurs régionaux de se joindre aux pourparlers ont fait capoter les précédentes tentatives pour convaincre le gouvernement et les rebelles syriens de discuter d'une solution diplomatique à la crise.

Dans un communiqué publié vendredi, le ministère des Affaires étrangères de la Russie a révélé que M. Bogdanov, qui est l'envoyé spécial du président Vladimir Poutine au Moyen-Orient, avait rencontré, jeudi, le secrétaire général de la Coalition nationale syrienne, Badr Jamous, ainsi que d'autres dirigeants de l'organisation, qui bénéficie de l'appui de l'Occident.

PLUS:pc