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20/12/2013 09:57 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

Soudan du Sud: 34 000 personnes demandent refuge à des bases de l'ONU

Des rebelles armés auraient pris le contrôle de certains champs pétrolifères du Soudan du Sud, ont annoncé des observateurs vendredi, une situation qui pourrait forcer le Soudan à prendre part au conflit qui secoue actuellement son voisin.

Le président sud-soudanais, Salva Kiir, a imploré ses concitoyens de ne pas succomber à la tentation de la violence et a rencontré, vendredi, les ministres des Affaires étrangères des nations voisines, dont le Kenya et l'Éthiopie, qui se sont rendus à Djouba pour aider à calmer les tensions ethniques après une semaine d'affrontements qui ont fait des centaines de morts.

Le leader n'a pas pris la parole publiquement, mais a assuré sur le compte Twitter de son gouvernement que les gens qui voudraient se faire justice eux-mêmes seraient arrêtés et punis.

La violence a continué à se propager, vendredi, dans les États d'Unité, où se trouve la majorité du pétrole sud-soudanais, et de Jonglei, où des groupes armées opposés au gouvernement ont récemment vu le jour, a expliqué une spécialiste du Soudan du Sud.

Selon Casie Copeland, une consultante pour l'International Crisis Group, le conflit s'est répandu rapidement au cours des derniers jours et a entraîné la mise sur pied de beaucoup de milices dirigées par différentes personnes. Elle a ajouté que le vice-président Riek Machar, dont le renvoi plus tôt cette année pourrait être à l'origine des présents troubles, ne semblait pas intéressé à négocier si M. Kiir ne démissionnait pas.

Mme Copeland a indiqué que des rebelles avaient apparemment pris le contrôle de champs pétrolifères dans l'État d'Unité, une cible populaire auprès des mouvements d'opposition de la région.

Plus tôt vendredi, les Nations unies avaient annoncé qu'environ 34 000 personnes avaient demandé refuge à trois de ses bases situées dans le pays africain.

Selon la division onusienne de l'aide humanitaire, 20 000 personnes se sont présentées à deux bases de Djouba alors que 14 000 ont voulu se réfugier à la base de Bor, la capitale de l'État de Jonglei, qui a été le théâtre d'affrontements très violents cette semaine. Plusieurs centaines d'habitants ont également réclamé un abri à Bentiu, la capitale de l'État d'Unité.

L'ambassade des États-Unis a organisé un cinquième vol, vendredi, afin d'évacuer d'urgence les Américains présents dans le pays. Des avions britannique, allemand et néerlandais devaient aussi quitter le Soudan du Sud plus tard dans la journée.

Des bagarres ont éclaté au sein de la garde présidentielle sud-soudanaise tard dimanche soir, faisant craindre que le Soudan du Sud ne bascule dans une guerre civile opposant divers groupes ethniques.

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