NOUVELLES
20/12/2013 02:56 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Philippines: réglement de comptes devant l'aéroport de Manille, 4 morts

Des inconnus ont ouvert le feu vendredi à l'aéroport de Manille, tuant quatre personnes, dont un maire du sud de l'archipel en proie aux violences politiques, crapuleuses et religieuses, ont annoncé les autorités.

"Le maire et sa famille, ainsi que ses gardes du corps, ont été attaqués", a déclaré à des journalistes le directeur général de l'aéroport, Angel Honrado, précisant que le maire et sa femme faisaient partie des victimes décédées.

Les deux autres sont le petit-fils du maire, âgé de 18 mois, et un collaborateur, selon la ministre de la Justice, leila de Lima.

"Il s'agit de la troisième tentative d'assassinat visant le maire et cette fois les voyous sont parvenus à leur fin", a-t-elle ajouté.

La fusillade a également fait quatre blessés.

Un policier, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a raconté qu'il se trouvait à une dizaine de mètres du maire lorsque les coups de feu ont claqué.

"J'ai entendu des tirs, j'ai sorti mon pistolet et je me suis précipité. Mais le tireur s'était enfui. Un complice l'attendait sur une moto", a-t-il dit.

"Nous avons essayé de les prendre en chasse dans un fourgon de police mais nous avons été pris dans les embouteillages", a-t-il poursuivi, soulignant que le tireur portait une casquette et une veste bleue de la police.

Ukol Talumpa dirigeait la ville de Labangan, une ville de quelque 40.000 habitants sur l'île de Mindanao où sévissent des bandes criminelles et des groupes musulmans indépendantistes.

Des images diffusées sur le site de la chaîne de télévision locale GMA ont montré des passants paniqués alors qu'un homme mortellement blessé gisait sur le sol à l'extérieur du terminal 3.

Ukol Talumpa avait remporté les élections de mai face au maire sortant, membre de la majorité du président philippin Benigno Aquino.

Il avait déjà réchappé à un attentat à la grenade dans lequel un policier avait été blessé en septembre 2012, puis à une deuxième tentative à Manille en 2010.

Selon un porte-parole du gouvernement provincial de Zamboanga del Sur, dont dépend Labangan, M. Talumpa se rendait à Manille avec son épouse, deux neveux et six autres personnes.

La vie politique aux Philippines est marquée par la corruption, les intimidations et les violences incessantes en particulier à l'approche d'échéances électorales,.

Plus de 60 personnes ont perdu la vie en mai dernier en marge du scrutin pour l'élection de 18.000 élus, des gouverneurs de province aux maires et conseillers municipaux.

str-cgm/jta/gab/ros

PLUS:hp