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20/12/2013 07:03 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

Numsa, le plus puissant syndicat sud-africain, retire son soutien à l'ANC

Le principal syndicat sud-africain a annoncé vendredi son intention de ne plus soutenir l'ANC, le parti au pouvoir depuis 1994, pour les élections générales d'avril, ce qui constitue une première brèche dans l'inébranlable alliance syndicats-ANC-parti communiste qui dirige le pays depuis l'avènement de la démocratie.

Numsa, le syndicat de la métallurgie "ne soutiendra pas l'ANC ni aucun autre parti en 2014", a déclaré Irvin Jim, leader de ce syndicat regroupant 300.000 ouvriers, très critique de la politique du gouvernement depuis plusieurs mois.

"Numsa va étudier la possibilité de fonder un mouvement pour le Socialisme, car la classe ouvrière a besoin d'une organisation politique" qui la représente, a-t-il ajouté, à la tribune d'un congrès extraordinaire tenu à Johannesburg.

Depuis la chute de l'apartheid et l'élection à la présidence de Nelson Mandela en 1994, le pays est dirigé par l'ANC, qui s'appuie sur le Parti communiste et sur la grande confédération syndicale Cosatu, dont Numsa est le membre le plus puissant.

Numsa a appelé la Cosatu à sortir à son tour de l'alliance gouvernementale.

"Le temps de chercher une autre solution est arrivée", a déclaré Irvin Jim, sous les acclamations de ses adhérents.

L'ANC a remporté jusqu'ici toutes les élections nationales depuis 1994, et tous les observateurs s'accordent à dire qu'il remportera encore celles d'avril 2014. Mais la popularité du parti de la lutte contre l'apartheid s'érode peu à peu. Le chômage, les accusations de corruption et l'impopularité du président Jacob Zuma jouent contre lui.

Numsa a notamment critiqué la politique économique du pouvoir, accusé de favoriser les grandes entreprises au détriment des travailleurs, et s'était insurgé en 2012 après la fusillade policière qui avait fait 34 morts parmi les mineurs de Marikana en grève.

Depuis presque 20 ans, le syndicat de la métallurgie a soutenu financièrement l'ANC et encouragé ses membres à y adhérer.

"Faire grossir les rangs de l'ANC a eu comme seule conséquence de livrer encore plus de victimes de la classe ouvrière, comme des moutons offerts au massacre par la bourgeoisie qui dirige l'ANC", a déclaré M. Jim.

Le syndicat a par ailleurs ajouté sa voix à ceux qui réclament la démission du président Jacob Zuma, après la polémique sur la rénovation de sa résidence privée pour 15 millions d'euros au frais de l'Etat.

Jeudi, un rapport intergouvernemental a totalement blanchi le président, affirmant que tous les travaux étaient justifié par des impératifs de sécurité. Mais l'opposition et les voix critiques continent de crier au scandale.

"Le congrès a appelé le président Jacob Zuma à démissionner immédiatement, à cause de la politique néo-libérale de son gouvernement (...) qui trempe dans la corruption, le clientélisme et le népotisme".

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