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20/12/2013 12:20 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

Hans-Dietrich Genscher, ex-chef de la diplomatie allemande, artisan de la libération de Khodorkovski

Hans-Dietrich Genscher, qui a oeuvré pour obtenir la libération par Vladimir Poutine de l'ancien magnat et critique du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, a incarné pendant près de deux décennies la politique étrangère de l'Allemagne dont il fut l'orfèvre de la Réunification.

Cet homme, aujourd'hui âgé de 86 ans, fut également l'un des artisans d'une politique de détente avec le bloc de l'Est dans les années 80. Trente ans après, il continue régulièrement de plaider en faveur d'une coopération renforcée de l'Union européenne avec la Russie car "nous appartenons au même continent". "Poutine est notre partenaire", écrivait-il dans un quotidien berlinois fin 2012.

Son heure de gloire fut indéniablement le traité de Moscou, dit traité "deux plus quatre" qui libérait l'Allemagne de la tutelle des Alliés, lui rendant sa souveraineté pleine, plus de quatre décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il fut ratifié par l'Allemagne le 15 mars 1991.

"Ce fut l'événement le plus émouvant de toute ma carrière", estimait M. Genscher, parvenu à surmonter les appréhensions des quatre puissances victorieuses de l'Allemagne nazie (Etats-Unis, URSS, Grande-Bretagne et France) devant la perspective d'une "Grande Allemagne" réunifiée.

Mais sa longue carrière à la tête de la diplomatie allemande, de mai 1974 à mai 1992, connut aussi des heures plus sombres. De nombreux détracteurs ont vu dans son empressement à reconnaître en décembre 1991 les nouvelles Républiques de Croatie et de Slovénie, alliés traditionnels de l'Allemagne, un facteur déterminant dans le déclenchement de la guerre civile dans l'ex-Yougoslavie.

Avocat de profession et membre du Parti libéral (FDP), il était entré au gouvernement en tant que ministre de l'Intérieur de 1969 à 1974. Il avait notamment eu à gérer la calamiteuse tentative de libération des athlètes israéliens pris en otage par des terroristes palestiniens pendant les jeux Olympiques de Munich qui s'était soldée par la mort de 11 Israéliens, cinq terroristes et un policier allemand en 1972.

Il avait ensuite été appelé par Helmut Schmidt aux Affaires étrangères, jetant dès cette époque les bases d'une politique de détente avec le bloc de l'Est, dont il touchera les dividendes jusqu'à la Réunification allemande.

Fidèle à sa ligne, il est dès 1986 l'un des tout premiers à parier sur le succès de la politique de réforme engagée par le numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Inlassablement, il plaide auprès de ses homologues occidentaux en faveur d'une politique de "détente active" à l'égard de Moscou.

Le père de la perestroïka le lui rendra bien, abandonnant le régime communiste de la République démocratique allemande (RDA) à son sort et laissant la Réunification allemande suivre son cours.

Après son départ du ministère des Affaires étrangères, Hans-Dietrich Genscher était resté parlementaire jusqu'en 1998.

Il est l'un des rares responsables politiques ouest-allemands à avoir vécu dans la RDA, qu'il avait fuie en 1952.

Il jouit toujours d'une grande popularité auprès des Allemands qui voient en lui l'un des hommes politiques qui ont contribué à redonner à leur pays une place sur la scène internationale à la mesure de sa puissance économique.

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