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20/12/2013 06:14 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

Espagne - 17e journée: l'Atletico fortifié par la recette Simeone

Il y a deux ans, l'Atletico Madrid dépérissait dans le ventre mou du Championnat d'Espagne: l'entraîneur Diego Simeone est arrivé, a appliqué une recette mêlant solidarité et générosité et a transformé le club en ogre insatiable, tout proche de croquer ce week-end la première place de Liga.

"Intensité", "agressivité", "travail en bloc", tels sont les ingrédients appliqués par le technicien argentin, les mots-clés qu'il assène inlassablement à chaque conférence de presse.

Sous sa direction, l'"Atleti" a remporté coup sur coup l'Europa League en 2012, la Supercoupe d'Europe la même année et la Coupe du Roi en 2013.

Et le club "colchonero" (de colchon, matelas) continue de grandir: il a signé cette saison le meilleur démarrage de son histoire, s'est qualifié pour un huitième de finale de Ligue des champions contre le Milan AC en février prochain et n'a subi qu'une seule défaite en Championnat d'Espagne, s'offrant même le scalp du Real Madrid à Bernabeu (0-1).

"Je veux gagner et j'en veux toujours plus, dans toutes les situations", s'est justifié Simeone dimanche dernier lorsque, son équipe menant 3-0 contre Valence, il a exhorté ses joueurs à marquer un quatrième but synonyme de première place de Liga: "Je n'aime pas la passivité et je voulais continuer à aller de l'avant, et que l'équipe ne se contente pas de ce qu'elle était en train de faire."

"Vivre chaque journée comme la dernière"

Ce n'est peut-être que partie remise: actuel deuxième avec le même nombre de points que le FC Barcelone (43), la même différence de buts (+34) mais un but marqué en moins, l'Atletico peut passer les Fêtes en leader s'il obtient un meilleur résultat contre Levante à domicile samedi (20h00) que le Barça à Getafe dimanche (17h00).

Prendre les commandes d'un championnat qui est la chasse gardée du duopole Barça-Real ne devrait néanmoins pas modifier l'état d'esprit insufflé par "El Cholo" Simeone, à l'image du milieu accrocheur qu'il était sous le maillot de l'Atletico ou de la sélection argentine.

"Quand on avons repris l'équipe, elle était dans un moment de difficulté et pour en sortir nous avons seulement regardé le présent pour nous améliorer, parce que c'est la seule chose que nous pouvions travailler", a expliqué l'entraîneur de 43 ans.

D'où un leitmotiv presque éculé dans le monde du football et auquel il a rendu un sens: prendre les choses "match après match".

"Nous sommes l'Atletico Madrid et nous suivons le chemin dont nous pensons qu'il est le plus juste et le plus réaliste, vivre chaque journée comme si c'était la dernière", résume-t-il.

Effectif très homogène

Difficile de croire qu'une équipe qui a vendu cet été son attaquant vedette Radamel Falcao à Monaco, pour 60 millions d'euros, soit encore meilleure qu'avant. Mais la révélation Diego Costa, co-meilleur buteur de Liga avec 17 buts, et un jeu plus collectif ont rapidement comblé le vide laissé par le Colombien.

Dans son style fougueux et efficace, l'attaquant hispano-brésilien est d'ailleurs un parfait résumé de cet Atletico qui a semble avoir si peu de failles: finition chirurgicale avec Costa et David Villa, milieu créatif (Koke, Arda Turan) et étouffant (Gabi, Tiago) et défense de fer, la meilleure de Liga (9 buts encaissés).

Signe que l'Atletico peut aller très loin, le rendement de cette équipe très homogène ne décroît presque pas lorsque les titulaires tournent, à l'image de Raul Garcia, remplaçant de luxe et auteur de 5 buts toutes compétitions confondues depuis un mois.

Après la trêve, après un déplacement à Malaga début janvier, les "Colchoneros" auront l'occasion de confirmer leurs ambitions face au Barça pour le choc de la dernière journée de la phase aller de Liga.

Mais chut! L'Atletico avance match après match, fidèle à sa recette.

jed/gv

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