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20/12/2013 08:32 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

Emprisonné au Cameroun, Atangana porte plainte en France

Le Français Thierry Michel Atangana, emprisonné depuis 1997 au Cameroun, a déposé plainte à Paris pour détention arbitraire contre trois ministres camerounais, a-t-on appris vendredi auprès de son comité de soutien et de son avocat.

Déposée jeudi auprès du procureur de la République de Paris selon son avocat, Me Guillaume Traynard, cette plainte, dont l'AFP a consulté une copie, vise le ministre de la Défense Edgar Alain Mebe Ngo'o, et deux de ses prédécesseurs, Amadou Ali, désormais ministre des relations avec le Parlement, et Laurent Esso, ministre de la Justice.

Cette démarche est intervenue deux jours après la confirmation par la Cour suprême du Cameroun de la condamnation à 20 ans de prison de M. Atangana et d'un ancien proche du président Paul Biya, Titus Edzoa.

MM. Edzoa et Atangana, déjà condamnés en 1997 à 15 ans de prison pour détournement de fonds publics, ont écopé en octobre 2012 d'une nouvelle peine de 20 ans de réclusion criminelle pour d'autres malversations. Ils ont toujours clamé leur innocence, dénonçant "une conspiration politique".

Ils s'étaient pourvus en cassation, estimant que la procédure avait été émaillée de "nombreuses irrégularités". Mardi, les juges de la haute juridiction camerounaise ont rejeté leurs pourvois, sans donner d'explications.

La condamnation étant définitive, leurs avocats au Cameroun envisagent de réclamer la confusion des peines, MM. Edzoa et Atangana ayant déjà purgé 17 ans de prison.

Ancien secrétaire général à la présidence camerounaise, l'un des personnages les plus puissants du régime de Paul Biya à la fin des années 80, Titus Edzoa avait brusquement démissionné en avril 1997, annonçant dans la foulée sa candidature à la présidence, avant d'être arrêté quelques jours plus tard.

Présenté comme le futur directeur de campagne de M. Edzoa (celui-ci ne l'a jamais confirmé), M. Atangana, Français d'origine camerounaise de 48 ans, avait été envoyé au Cameroun en 1994 par son employeur, le groupe français Jean Lefebvre, pour des projets routiers et la présidence camerounaise lui avait confié la direction d'une structure de travaux publics.

Pour son comité de soutien, M. Atangana, "innocent des faits qui lui sont reprochés", "est la victime collatérale d'un règlement de comptes politique au plus haut niveau de l'Etat camerounais".

En mai, le président François Hollande avait jugé "inadmissible" la durée de détention de M. Atangana.

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