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20/12/2013 11:03 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

Chili: la justice accorde une indemnisation inédite après le tsunami de 2010

La Cour suprême du Chili a accordé pour la première fois une indemnisation à la famille d'une victime du tsunami de 2010, ouvrant la voie à de nombreuses plaintes similaires, des responsables ayant été accusés de n'avoir pas lancé d'alerte avant la catastrophe.

La Cour suprême a décidé jeudi d'accorder une indemnisation de 55 millions de pesos (environ 104.000 dollars) à la famille de Mario Ovando, décédé à 57 ans après avoir été grièvement blessé à la suite du tsunami du 27 février 2010, qui avait dévasté les côtes du centre et du sud du pays.

Peu après un violent tremblement de terre de magnitude 8,8, M. Ovando et sa famille avaient décidé de rester à leur domicile de la région de Biobio (centre), après avoir entendu à la radio le gouverneur Jaime Toha. Ce dernier avait alors assuré à tort qu'il n'y avait aucun risque de tsunami après le séisme.

"L'intervention radiophonique du responsable a conduit les Ovando à passer de l'incertitude à la tranquillité", alors que le danger était imminent, a relevé la Cour.

"En définitive, l'appel du gouverneur à rester chez soi est (le facteur) qui a provoqué la mort" de M. Ovando, a assuré devant la presse l'avocat de la famille, Adolfo Ortega.

M. Ortega a déjà déposé des plaintes similaires de six autres familles de personnes décédées après la catastrophe. Le séisme suivi du tsunami a fait plus de 500 morts et disparus, avec - selon la justice chilienne - quelques 180 décès directement imputables au tsunami.

Plusieurs responsables en place au moment de la catastrophe ont été accusés de n'avoir pas déclenché d'alerte spécifique et écarté dans un premier temps la possibilité d'un tsunami après le tremblement de terre.

La justice a ouvert une procédure contre sept ex-représentants des autorités de l'époque. Et l'affaire a éclaboussé jusqu'à l'ancienne présidente Michelle Bachelet (2006-2010), qui vient d'être élue au deuxième tour de la présidentielle du 15 décembre.

Mme Bachelet avait elle-même écarté une alerte au tsunami, mais n'a pas été poursuivie car elle n'aurait pas été correctement informée de la situation au moment de prendre sa décision.

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