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20/12/2013 09:01 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

Belgique : début d'une "marche des Afghans" contre les expulsions

Environ 250 personnes, des Afghans en séjour illégal en Belgique et des sympathisants, ont entamé vendredi à Bruxelles une marche qui doit les mener jusqu'à Mons, la ville du Premier ministre Elio Di Rupo, pour réclamer leur régularisation et un moratoire sur les expulsions.

Réunis par l'association le "Collectif des Afghans", les marcheurs doivent parcourir d'ici à dimanche les quelque 70 km qui séparent les deux villes.

Ils ont été encouragés par la présence du réalisateur belge Nabil Ben Yadir, qui a raconté dans le film "La Marche", sorti fin novembre, l'histoire vraie de la "marche contre le racisme et pour l'égalité" en France, ayant relié Marseille à Paris (environ 750 km) en 1983.

Trente ans plus tard, les marcheurs afghans veulent sensibiliser une opinion belge assez indifférente jusqu'ici à la précarité de leur situation. Ils espèrent être reçus dimanche à Mons (ouest) par le Premier ministre Elio Di Rupo, longtemps bourgmestre (maire) de la ville.

Ils sont partis de l'église du Béguinage, dans le centre de Bruxelles, qu'ils occupent depuis un mois. Depuis plusieurs semaines, ils ont multiplié les manifestations, parfois réprimées sans ménagement par la police, et certains ont même observé une grève de la faim.

Soutenus par des associations de gauche ou de défense des droits de l'homme, ils soulignent que l'Afghanistan reste un pays peu sûr et que les jeunes filles actuellement en Belgique ne pourraient pas y poursuivre leur scolarité si elles étaient renvoyées dans leur pays d'origine.

Ils demandent donc l'instauration d'un "moratoire contre les expulsions" et l'obtention d'un "statut légal pour l'ensemble des réfugiés afghans déjà présents sur le territoire belge".

M. Di Rupo a indiqué récemment qu'il était sensible au problème, mais la secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, la libérale flamande Maggie De Block, se montre intransigeante.

"Je ne vais pas annoncer un moratoire. Les Afghans sont soumis aux mêmes règles que les autres. Les grèves de la faim ne donnent pas plus de droits et je ne changerai pas mon opinion", a-t-elle déclaré lundi devant le Parlement belge.

"Si les gens n'ont pas le droit de rester, ils doivent partir", a insisté Mme De Block, devenue en quelques mois l'une des personnalités politiques les plus populaires du royaume.

siu/sym

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