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20/12/2013 05:56 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

Accélération des préparatifs de la conférence Genève-2 sur la Syrie

L'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue Arabe Lakhdar Brahimi préside vendredi à Genève de nouvelles négociations avec ses interlocuteurs russes et américains, pour préparer la Conférence sur la paix en Syrie, prévue le 22 janvier à Montreux (Suisse).

Différée à maintes reprises, la Conférence Genève-2, va finalement se tenir le 22 janvier, réunissant pour la première fois à la même table des représentants du régime et de certaines factions de l'opposition. La composition de ces délégations est un casse-tête pour les parrains de la conférence, qui se concertent une nouvelle fois vendredi à Genève.

Une délégation de la Coalition nationale syrienne (CNS) est à Genève. Elle ne participe toutefois pas à la réunion préparatoire mais doit rencontrer des délégations en bilatéral.

Le CNS a demandé un rendez-vous à M. Brahimi, ce qu'il a accepté, a précisé sa porte-parole Khawla Mattar.

Outre le casse-tête de la composition de la délégation de l'opposition, hauts diplomates russes, américains et de l'ONU doivent régler la question de la participation controversée de deux alliés des belligérants, l'Iran, principal soutien économique et militaire de la Syrie, et l'Arabie Saoudite très engagée dans l'aide à certaines factions de l'opposition.

Le principe de cette participation paraît désormais acquis, selon des sources diplomatiques, facilité en ce qui concerne l'Iran par la conclusion d'un accord intérimaire sur son programme nucléaire.

Genève-2 est chargée de lancer la mise en oeuvre du plan adopté à Genève en juin 2012 par les grandes puissances pour un processus de réglement politique d'un conflit qui a fait plus de 120.000 morts depuis mars 2011. Il s'agit de mettre en place un gouvernement de transition pour préparer une élection présidentielle mais la résolution de l'époque était restée muette sur le devenir du président Bachar al Assad, ce qui en fait aujourd'hui un des principaux points de controverse.

Ces dernières semaines, Damas n'a cessé de répéter qu'il ne fallait pas attendre à Genève une remise des clés du pouvoir à l'opposition, au point d'irriter la Russie, son plus puissant soutien politique.

La Russie a accusé jeudi le président syrien Bachar al-Assad de faire monter la tension par des déclarations sur son éventuelle participation à l'élection présidentielle de 2014.

"De tels propos ne font que faire monter la tension et ne calment guère la situation", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov.

Un message qui n'a pas empéché jeudi un officiel syrien de revenir à la charge dans un entretien avec l'AFP. "Je demande à l'opposition: pourquoi un citoyen n'a pas le droit d'être candidat? Qui peut l'en empêcher? Tout citoyen syrien a le droit de l'être", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad.

"Nous voulons que (...) les urnes décident qui dirigera le pays, et le président Assad jouit d'un très grande majorité", a-t-il assuré.

Il a refusé d'indiquer s'il allait serrer la main des membres de l'opposition et précisé d'ailleurs que les deux délégations ne s'adresseront pas directement la parole.

"Le mécanisme établi par l'ONU est que les deux délégations s'adresseront à Lakhdar Brahimi et c'est lui qui mènera les discussions", a-t-il précisé.

Les États-Unis et la Russie auront le statut d'"initiateurs". "Ils siègeront dans deux pièces près de la salle de discussions. Leur rôle consistera à donner un conseil ou à tenter de régler un problème si une délégation veut leur faire part de difficultés", a-t-il détaillé.

Après la réunion ministèrielle du 22 janvier à Montreux, présidée par le Secrétaire général de l'ONU Ban ki Moon, où une trentaine de pays doivent être présents, la conférence se poursuivra à Genève à partir du 24 janvier entre les deux délégations syriennes sous l'autorité de M. Brahimi.

Aucun indication n'a été donnée sur la durée des travaux, ce sera aux représentants syriens de décider, a prévenu l'émissaire des Nations Unies.

En attendant, les grandes puissances continuent à s'opposer sur le conflit syrien. Les Etats-Unis ont renoncé jeudi à obtenir une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant l'escalade des bombardements contre Alep (nord de la Syrie), devant l'opposition de la Russie, ont indiqué des diplomates.

Le projet de déclaration américain exprimait l'"indignation" du Conseil devant l'offensive de l'armée de l'aviation syrienne, qui bombarde depuis cinq jours les quartiers rebelles d'Alep.

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