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19/12/2013 08:52 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Syrie : Brahimi exige la libération de quatre militants

L'émissaire international Lakhdar Brahimi a exigé jeudi la libération de quatre importants militants syriens, dont Razan Zeitouneh, tous récemment enlevés dans leur pays.

S'exprimant à Genève au cours d'une conférence organisée par la France, le Royaume-Uni, le Canada et la Norvège sur le rôle des femmes dans la crise syrienne, M. Brahimi a dénoncé l'enlèvement de "Razan Zeitouneh et trois de ses collègues (...) il n'y a pas longtemps".

Selon les Comités locaux de coordination (LCC), les militants Razan Zeitouneh, Waël Hamada, Samira Khalil et Nazem al-Hamadi ont tous été enlevés le 10 décembre près de Damas par des inconnus.

M. Hamada est l'époux de Mme Zeitouneh, qui a reçu en 2011 le prix Sakharov pour la liberté de penser avec d'autres militants du "Printemps arabe".

L'enlèvement a eu lieu dans un secteur contrôlé par les rebelles mais assiégé par les troupes du régime.

"Nous devons tous exiger sa libération", a ajouté M. Brahimi, indiquant par ailleurs que Mme Zeitouneh "aurait dû être présente aujourd'hui" à Genève pour participer à la conférence.

M. Brahimi a également déploré l'arrestation, le 20 novembre à Damas, de Rajaa Nasser, un opposant membre d'un parti toléré par le régime syrien, le Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND).

C'est un "grave problème", a-t-il dit. "D'abord, on nous a dit qu'il avait été arrêté par erreur, puis qu'il serait relâché bientôt, (...) et maintenant ils (les responsables syriens) nous disent qu'ils ne savent pas où il se trouve", a déploré M. Brahimi. Il a aussi dénoncé l'enlèvement d'"un autre membre important de l'opposition" - dont il n'a pas donné le nom - qui a disparu en sortant de l'aéroport à Damas, à son retour de Chine.

M. Brahimi a par ailleurs annoncé l'organisation d'une conférence "plus élargie" les 12 et 13 janvier, à Genève, également sur le rôle des femmes dans le règlement de la crise syrienne.

"Les femmes syriennes doivent reprendre leurs droits, s'approprier le droit de s'organiser (...) et assumer leurs responsabilités", a estimé M. Brahimi.

"Nous allons exiger que les femmes syriennes prennent les rênes, elles doivent être en position de meneuses. Nous espérons qu'à la suite de la réunion d'aujourd'hui et de la réunion des 12 et 13 à Genève, les femmes auront une présence convaincante, significative et réelle. Nous verrons avec elles comment mieux faire entendre leur voix dans les négociations", a-t-il ajouté.

Plusieurs femmes vivant en Syrie ont pour leur part témoigné de l'horreur de la guerre. L'une d'entre elles, Nawal Yazeji, responsable de la Ligue des femmes syriennes, a raconté que des "jeunes filles sont vendues pour être mariées pour qu'elles soient protégées" ou "parfois parce que les parents ne peuvent plus les nourrir".

"Je vous le demande, s'il vous plaît : mettez fin à cette folie", a-t-elle lancé.

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