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19/12/2013 06:12 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Soudan du Sud: trois casques bleus de l'ONU ont été tués

LONDRES - Trois casques bleus de l'ONU ont été tués, et le gouvernement du Soudan du Sud semble avoir perdu le contrôle de la capitale de son État le plus grand et le plus peuplé.

Des jeunes armés sont entrés dans un complexe de l'ONU dans l'État de Jonglei, causant un nombre inconnu de victimes.

L'ambassadeur de l'Inde aux Nations unies a affirmé que trois soldats indiens avaient été tués.

Il s'agit d'une première annonce concernant des victimes du côté du personnel onusien dans l'escalade de violence de cette semaine.

Dans la capitale, Djouba, des vols d'urgence ont embarqué des citoyens américains et britanniques, des travailleurs humanitaires et du personnel des Nations unies pour fuir les violences.

Un membre du parti au pouvoir a aussi réfuté les propos du président Silva Kiir, qui affirme que les violences des derniers jours sont le résultat d'un coup d'État avorté orchestré par l'ancien vice-président.

La violence aurait plutôt éclaté, dimanche, quand des membres de la garde présidentielle ont tenté de désarmer des collègues appartenant à l'ethnie Nuer, selon ce qu'a expliqué Choul Laam, le chef de cabinet du secrétaire général du Mouvement de libération du peuple soudanais au pouvoir.

Ceux qui ont tenté de désarmer leurs collègues sont des membres de l'ethnie Dinka, à laquelle appartient aussi le président Kiir, a expliqué M. Laam aux journalistes à Nairobi, au Kenya.

Le gouvernement sud-soudanais affirme que la violence a déjà fait quelque 500 morts. La capitale, Djouba, semblait calme mercredi et jeudi, mais des affrontements étaient rapportés dans l'État du Jonglei.

Le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne Human Rights Watch a accusé jeudi les soldats sud-soudanais d'avoir ouvert le feu de manière aveugle dans des secteurs densément peuplés de Djouba et d'avoir ciblé des gens en raison de leur ethnicité lors de récents combats.

Citant des témoins et des victimes des violences, le groupe affirme que les «soldats ont spécifiquement ciblé les membres du groupe ethnique Nuer». Certains auraient été questionnés au sujet de leur ethnicité et abattus s'ils étaient Nuer. Dans certains cas, ajoute HRW, des Dinka pourraient avoir été ciblés par des soldats Nuer.

Le International Crisis Group a aussi indiqué, mercredi, que des groupes armés à Djouba «ont ciblé des civils sur la base de leur ethnie».

Le porte-parole de l'armée sud-soudanaise, le colonel Philippe Aguer, a révélé que les responsables militaires de la ville de Bor, la capitale du Jonglei, ne répondent plus à l'appel et qu'ils ont probablement rejoint les rangs des insurgés.

«Nous avons perdu Bor à la rébellion», a-t-il dit.

Des combats auraient éclaté à Bor pendant la nuit, quand des officiers rebelles auraient tenté d'arracher le contrôle de la ville aux forces loyalistes. Au moins 19 personnes auraient été tuées, selon ce qu'a indiqué un porte-parole de l'ONU, Martin Nesirky, en citant des données de la Croix-Rouge du Soudan du Sud.

Le président Kiir affirme que la violence est attribuable à une tentative de coup d'État de l'ancien vice-président Riek Machar, ce que nie formellement ce dernier. M. Kiir a congédié son rival en juillet.

Pour sa part, le Royaume-Uni a annoncé l'évacuation de ses citoyens du Soudan du Sud.

Le Foreign Office précise qu'un avion a été envoyé à Djouba afin de ramener les ressortissants britanniques qui seraient menacés par la possibilité qu'un coup d'État soit imminent. Plus de 150 s'entre eux auraient contacté les autorités pour leur exprimer leur désir de quitter le pays.

Cette requête a notamment été soumise par des employés de l'ambassade de Grande-Bretagne, bien qu'elle reste ouverte.

Selon les Nations unies (ONU), plus de 500 personnes ont tout récemment été tuées dans des combats entre factions rivales au Soudan du Sud. L'ONU aurait pris sous son aile quelque 20 000 réfugiés civils, à Djouba.

Le Soudan du Sud, un pays d'un peu plus de 11 millions d'habitants, a obtenu son indépendance du Soudan il y a près de deux ans et demi.

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