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19/12/2013 08:48 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Poutine annonce qu'il va gracier l'ex-magnat du pétrole Khodorkovski en Russie

Anadolu Agency via Getty Images
MOSCOW, RUSSIA - DECEMBER 19: Russian President Vladimir Putin answers questions during his annual press conference at the Centre of International Trade on December 19, 2013 in Moscow, Russia. (Photo by Sefa Karacan/Anadolu Agency/Getty Images)

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré jeudi qu'il s'apprêtait à gracier l'ex-magnat du pétrole et critique du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, emprisonné depuis plus de dix ans.

Le chef de l'Etat, qui a fait cette annonce inattendue juste après sa conférence de presse annuelle, a expliqué que M. Khodorkovski avait récemment écrit une demande de grâce, ce qu'il avait refusé de faire jusque là.

"Il a déjà passé plus de dix ans en détention, c'est une punition sérieuse. Il invoque des circonstances d'ordre humanitaire - sa mère est malade - et j'estime que l'on peut prendre cette décision", a déclaré M. Poutine, indiquant que le décret serait signé "très prochainement".

Interrogés par l'AFP, les avocats du détenu ont indiqué ne disposer d'aucune information.

M. Khodorkovski, 50 ans, devait en principe être libéré dans moins d'un an, en août 2014.

Le parquet avait toutefois indiqué récemment enquêter sur plusieurs autres affaires criminelles le concernant.

Ses précédentes condamnations sont considérées par ses partisans comme un règlement de comptes du Kremlin vis-à-vis d'un homme d'affaires devenu trop indépendant et qui affichait ses ambitions politiques.

Pendant sa conférence de presse, M. Poutine n'a pas dit un mot de cette grâce mais avait laissé entendre qu'il ne fallait pas craindre un troisième procès.

"Rien à dire" sur un éventuel successeur

Lors de cet exercice auquel il se livre chaque année avec une aisance et une délectation visibles, M. Poutine, au Kremlin depuis l'an 2000 avec un intermède au poste de premier ministre entre 2008 et 2012, a voulu montrer qu'il tenait fermement en mains les rênes du pouvoir.

Alors qu'un journaliste lui demandait s'il avait déjà en tête le nom de son éventuel successeur, il a répondu: "Je n'ai rien dit et il n'y a rien à dire".

Il a éludé une question sur les chances de son premier ministre, Dmitri Medvedev, qui fut président lorsque lui-même était chef du gouvernement, de prendre sa suite, se montrant parfois sévère sur ce dernier.

Le président, 61 ans, qui dans le passé n'avait pas exclu de briguer un quatrième mandat lors de la prochaine élection présidentielle en 2018, a toutefois affirmé qu'il n'avait pas l'intention de rester au pouvoir à vie.

"Nous avons une Constitution, et c'est dans le cadre de cette Constitution que se forment les organes du pouvoir. C'est pourquoi nous n'allons rien changer. Je pense que c'est inutile et dangereux pour la stabilité de l'Etat", a-t-il dit.

Alors que la conférence de quatre heures tournait parfois à une présentation de doléances de la part de journalistes de médias des endroits les plus retirés de Russie, qui lui exposaient des problèmes locaux, M. Poutine prenait des notes et promettait de régler tel ou tel problème, demandant à l'occasion des précisions.

Pas de manifestations à l'ukrainienne à Moscou

L'ex-agent du KGB a aussi endossé les habits de garant de la sécurité et des valeurs du pays.

Il a ainsi exclu des manifestations non autorisées à Moscou à l'image de celles, massives qui agitent Kiev depuis un mois.

"Toute action, quelle qu'elle soit, doit rester dans le cadre de la loi. Si quelqu'un sort de ce cadre, l'Etat est alors obligé, et je veux le souligner -- il ne s'agit pas d'une volonté politique mais d'une obligation des organes du pouvoir -- de rétablir l'ordre", a-t-il déclaré d'une voix ferme. "Autrement, un tel développement des événements peut mener au chaos".

Il a de nouveau défendu "les valeurs morales traditionnelles" en Russie.

"Il est important pour moi non pas de critiquer les valeurs occidentales, mais de défendre notre population contre certaines pseudo-valeurs que nos concitoyens ont beaucoup de mal à accepter", a indiqué M. Poutine.

Sur l'Ukraine, il a aussi adopté un ton paternaliste.

"Nous disons souvent que c'est un peuple frère, un pays frère, alors nous devons agir comme des parents proches et soutenir le peuple ukrainien qui est dans une situation difficile", a-t-il dit, interrogé sur les 15 milliards de dollars et une diminution d'un tiers du prix du gaz accordés mardi par la Russie à Kiev.

Vis-à-vis des Occidentaux, M. Poutine s'est voulu rassurant, indiquant que la Russie n'avait pas déployé de missiles nucléaires Iskander dans l'enclave occidentale de Kaliningrad comme l'affirmait un journal allemand. Mais il a assorti cette mise au point d'un avertissement : cette décision n'a pas été prise "pour l'instant", a-t-il dit.

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