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19/12/2013 03:06 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Poursuite des combats au Soudan du Sud

Les forces gouvernementales sud-soudanaises tentaient jeudi de reprendre le contrôle de la ville de Bor, au cinquième jour d'affrontements entre ethnies rivales dans ce pays producteur de pétrole indépendant depuis juillet 2011.

Les combats ont fait entre 400 et 500 morts depuis dimanche soir et inquiètent ses voisins d'Afrique de l'Est qui ont dépêché sur place une équipe de médiateurs.

Les Nations unies ont également sollicité jeudi la médiation du président ougandais Yoweri Museveni.

Les affrontements qui ont débuté autour de Juba, la capitale, se sont vite étendus, opposant les partisans de l'ancien vice-président Riek Machar, un Nuer, à ceux du président Salva Kiir, de l'ethnie Dinka, majoritaire dans le pays.

Riek Machar a été limogé en juillet par le chef de l'État, qui l'accuse aujourd'hui d'avoir cherché à le renverser. Machar reproche pour sa part au président de se comporter comme un dictateur.

Depuis le début des violences, des milliers de civils, notamment 200 ouvriers du pétrole, ont trouvé refuge dans des bases des Nations unies.

Des affrontements entre ouvriers ont fait 16 morts mercredi soir et jeudi matin dans les champs pétrolifères d'Unity et de Thar Jath, au nord de Juba, a-t-on appris de source autorisée.

Des renforts ont été envoyés sur place et le calme est revenu.

Pour le moment, la production pétrolière, d'environ 245 000 barils par jour, n'est pas touchée, affirme le gouvernement sud-soudanais, dont c'est pratiquement la seule source de revenus.

Un avion devait évacuer dans la journée les Britanniques qui désirent quitter le pays.

Les combats les plus violents se concentrent autour de la ville de Bor, au nord de Juba, où en 1991 des centaines de Dinka avaient été massacrés par des soldats fidèles à Riek Machar.

« Les forces rebelles ont attaqué Bor hier soir. Elles ont réussi à occuper la majeure partie de la ville. Les forces loyalistes résistent », a déclaré à Reuters le ministre de l'Information, Michael Makuei Leuth. Les affrontements se poursuivaient jeudi, a-t-il précisé.

Selon une autre source, les forces gouvernementales se sont retirées de la ville et les combats ont cessé.

Civils réfugiés dans les camps de l'ONU

Environ 20 000 personnes se sont réfugiées dans les bases des Casques bleus de l'ONU, qui ont reçu l'ordre de ne pas intervenir dans le conflit.

La base des Nations unies d'Akobo, dans l'État de Jonglei, a été attaquée jeudi et il y aurait des morts, a annoncé à la presse le secrétaire général adjoint Jan Eliasson au siège new-yorkais de l'ONU.

« La situation au Jonglei se détériore. En début de journée à Akobo où des civils s'étaient regroupés, de jeunes Nuers auraient forcé la porte de la base temporaire de la Minuss pour accéder à ces civils », a dit de son côté Farhan Haq, porte-parole des Nations unies.

« La Mission des Nations unies au Soudan du Sud va tenter d'extraire le personnel non armé d'Akobo tout en renforçant cette base demain avec 60 soldats supplémentaires venus de Malakal », a-t-il dit.

Quelque 200 employés du pétrole de la région de Bentiu qui se sont regroupés dans une base de l'ONU attendent d'être évacués par les soins de leur compagnie.

La China National Petroleum Corp, le groupe indien ONGC Videsh et la société malaisienne Petronas sont les principales compagnies pétrolières opérant dans cette zone.

À Khartoum, l'armée soudanaise a fait part de son inquiétude face à l'escalade du conflit, craignant que la production de pétrole sud-soudanais ne soit affectée par les combats.

Une délégation ministérielle venue d'Éthiopie, du Kenya, d'Ouganda et du Rwanda est attendue dans la journée à Juba, a dit un responsable du ministère éthiopien des Affaires étrangères.

L'émissaire de l'ONU au Soudan du Sud, Hilde Johnson, a pour sa part déclaré être en contact avec les différents dirigeants politiques pour tenter de rétablir le calme. 

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