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19/12/2013 05:52 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Législatives et municipales en Mauritanie: le parti au pouvoir grand favori

Le parti au pouvoir en Mauritanie part grand favori du second tour des élections législatives et municipales qui a lieu samedi et est boycotté par une bonne partie de l'opposition malgré la timide percée des islamistes modérés de Tewassoul au premier tour.

Moins d'un million d'électeurs sont appelés à voter à ce second tour - ils étaient 1,2 million au premier le 23 novembre - pour renouveler 30 sièges des 147 que compte l'Assemblée nationale et les conseils municipaux de 119 communes sur les 218 du pays.

Aux législatives, le parti du président Mohamed Ould Abdel Aziz, l'Union pour la République (UPR), était largement arrivé en tête du premier tour avec 52 députés sur 117 attribués, 86 avec ses alliés.

L'UPR a été suivi par le parti islamiste Tewassoul qui a obtenu douze sièges, une bonne performance pour ce parti légalisé en 2007 et dont c'était la première participation à des élections. L'ensemble de l'opposition qui particpe à ces scrutins avait obtenu 31 sièges.

Le score de Tewassoul était considéré comme l'un des principaux enjeux de ces élections et, en devenant le second parti de Mauritanie à l'issue du premier tour, il a gagné son pari puisqu'il est le seul des onze formations de la Coordination de l'opposition démocratique (COD) à avoir choisi d'y participer.

Les autres partis de la COD, dite opposition "radicale", boycottent des scrutins qui, selon eux, ont été organisés "unilatéralement" par le pouvoir du président Aziz qu'ils considèrent comme un "dictateur".

Des milliers de militants de la COD ont manifesté mercredi à Nouakchott pour dénoncer une "mascarade électorale", appelant à "sauver le pays" des conséquences de "l'entêtement du pouvoir à poursuivre son action de sape".

Mais le taux de participation important au premier tour, 75%, est considéré comme un camouflet pour la COD et son appel à boycotter ces élections.

Son chef, Ahmed Ould Daddah, a néanmoins parlé d'un "échec" pour le pouvoir et exigé "l'annulation pure et simple" des scrutins et l'organisation d'un dialogue national pour "l'organisation d'élections consensuelles".

L'UPR veut la majorité absolue

Au second tour, le parti présidentiel vise la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée nationale, un objectif à sa portée.

"Nous sommes quasiment en ballotage favorable dans la majorité de circonscriptions et nos militants sont fortement mobilisés pour ce second face-à-face déterminant", a déclaré à l'AFP un de ses porte-parole.

La bataille s'annonce difficile pour l'UPR dans seulement quatre circonscriptions de province, Rosso, Guerou, Tintane et Djiguenni, où il affrontera Tewassoul, et à El-Wiam, un parti dirigé par d'ex-hauts responsables du régime de Maaouiya Ould Taya (1984-2005).

Aux municipales, l'UPR est aussi largement favori, puisqu'au premier tour il l'a emporté dans 81 des 218 commune de Mauritanie, suivi par un autre parti de la majorité présidentielle, le Sursaut de la jeunesse.

La date du second tour, initialement fixée au 7 décembre, a été reportée au 21 pour laisser le temps à la justice d'examiner les recours des partis en raison du retard pris dans la publication des résultats par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

La Céni, constituée à parité entre la majorité présidentielle et l'opposition dite "modérée", avait été mise en en place en 2011 à la suite d'accords avec le pouvoir.

Ces accords ont aussi permis d'introduire une forte dose de proportionnelle et de donner une place plus importante aux femmes à l'Assemblée nationale, où elles disposeront d'au moins 20 sièges.

Ces législatives et municipales sont les premières depuis 2006, deux ans avant le coup d'Etat de Mohamed Ould Abdel Aziz, un ancien général élu président en 2009 dans des conditions contestées par l'opposition.

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